Il n’y a « pas de plafond » de dépenses pour enrayer le coronavirus, assure Gérald Darmanin

Gérald Darmanin était l’invité de la matinale de Renaud Blanc ce lundi 23 mars. Le ministre de l’Action et des Comptes publics a estimé que la France allait « dépasser les 3,9% du déficit » à la fin de l’année à cause du coronavirus. Interrogé sur l’insuffisance de masques, il a botté en touche et jugé que « l’heure n’était pas à la polémique ».

 

La pandémie de coronavirus fera déraper le budget de l’Etat, assure Gérald Darmanin

« Ce n’est pas une question de profits. On en est plus du tout là. On va avoir une croissance négative, on va dépasser 3,9% du déficit. Il s’agit d’une question de survie ». Gérald Darmanin a assumé ce matin au micro de Renaud Blanc que cette « pandémie que nous n’avons pas vue venir » ferait gravement déraper le budget de l’Etat, dont il a la charge. Une situation permise par la suspension des règles budgétaires décidée par la Commission européenne. « La France est dans la même situation que les grands pays occidentaux. Les règles en temps de paix ne sont pas celles des temps de guerre ». « Quoi qu’il en coûte » cela veut dire « pas de plafond », a-t-il lancé. « La santé passe devant l’économie ».

 

A lire aussi

 

Le ministre de l’Action et des Comptes publics a déjà décidé conjointement avec le ministre de l’Economie d’une levée de 45 milliards d’euros, financés par la dette, pour abonder les postes de dépenses les plus urgents. Mais Gérald Darmanin a aussi tâché d’anticiper l’après-crise et a lancé un appel aux travailleurs pour limiter les conséquences économiques du coronavirus.

 

 

« Chacun doit faire des efforts« , a-t-il tancé, estimant qu’il n’y a pas matière à débat. « On vient d’expliquer qu’il y avait des gens qui sont entre la vie et la mort et on se pose des questions de savoir si on doit prendre quelques jours de congés payés« . Le ministre a assuré avoir aussi demandé « aux banques », « aux assurances », et « au patronat » de participer à la solidarité nationale.

 

 

« Notre pays doit continuer de fonctionner », malgré le confinement

« Le gouvernement depuis le début de cette crise s’est rangé à l’avis du Comité scientifique, qui se réunit aujourd’hui. Je ne veux pas anticiper cette avis, mais le gouvernement suivra ». L’exécutif réfléchit à un possible confinement total du pays, interdisant notamment aux salariés d’activités non-indispensables de se rendre sur leur lieu de travail s’ils ne peuvent télétravailler.

 

 

En attendant, ceux-ci doivent affronter ce qui a été par beaucoup interprété comme une contradiction : appliquer à la fois les consignes de confinement et répondre aux appels de ministres à maintenir l’activité.

 

A lire aussi

 

« Il n’y pas de paradoxe, il faut que notre pays continue de fonctionner », a insisté Gérald Darmanin, qui a listé quelques uns des secteurs indispensables selon lui, comme le système de santé, le ramassage des ordures ou l’industrie agro-alimentaire.

 

Mais, il a souligné la « responsabilité de l’employeur, public ou privé » dans la mise en place de mesures de protection sanitaires pour leurs employés.

 

 

Une enquête parlementaire à la rentée pour évaluer les décisions du gouvernement

L’Etat, qui est justement pointé du doigt sur cette responsabilité, puisqu’il n’aurait pas distribué suffisamment de masques aux personnels placés en première ligne de l’épidémie, comme les policiers, les médecins ou les soignants des EHPAD. « L’heure n’est pas à la polémique. L’Etat est là, il est organisé, que ce soit la fonction publique hospitalière, que ce soient les policiers, les douaniers ou les miliaires qui organisent les rapatriements ».

 

A lire aussi

 

« La question du gel, des masques se pose dans tous les pays du monde », a-t-il tenté de relativiser, bien qu’une baisse des stocks ait été particulièrement remarquée en France à partir de 2011-2012. « Nous avons déployé les moyens pour que 250 millions de masques soient là », a-t-il assuré, mettant en avant la « distribution de 30 millions de masques » déjà effectuée dans les EHPAD et hôpitaux.

 

 

L’opposition a d’ores et déjà convoqué une commission d’enquête parlementaire à la rentrée pour évaluer les choix du gouvernement. Une commission, qui devrait aussi porter ses investigations sur les décisions prises pendant le quinquennat de François Hollande.

 

Vers un dépistage généralisé à la sortie du confinement

« Si les tests sont conclusifs, alors il sera généralisé« . Alors qu’une partie des médecins se montre sceptique face à l’utilisation massive de l’hydroxychloroquine, présenté par le professeur Didier Raoult, infectiologue renommé de la Faculté de médecine de Marseille, comme un traitement efficace du coronavirus, le ministre a tenu à rappeler qu’il ne « faut pas louper les étapes scientifiques des contrôles sur les éventuelles conséquences de l’utilisation du médicament ».

 

A lire aussi

 

Pour rappel, le ministère de la Santé a autorisé un test à plus grande échelle de la molécule ; des essais cliniques qui devraient s’étendre à l’Europe entière. Gérald Darmanin a aussi re-précisé que le gouvernement allait modifier son approche du dépistage du Covid-19.

 

 

« Le ministre (de la Santé) vient d’expliquer de nous allons changer de doctrine notamment pour la sortie du confinement« .

 

Nicolas Gomont

 

Retrouvez les interviews politiques