Haier : Parti de rien, le géant chinois du frigo ouvre sa première usine en Europe

Haier est un groupe incroyable. C’est une ancienne entreprise d’état chinoise, partie de rien. Jusque dans les années 80 ses produits étaient mauvais et seuls les Chinois en achetaient parce qu’ils n’avaient pas le choix. Mais à l’image d’autres industriels chinois, le groupe a décidé d’investir, de monter en gamme et de partir à la conquête du monde.

Haier a racheté l’italien Candy également propriétaire de Hoover et de Rosières

Haier a commencé par tout miser sur les réfrigérateurs, et d’abord sur les marchés des pays émergents. Le succès a été au rendez-vous et aujourd’hui c’est le numéro un mondial du froid, c’est un groupe qui fait plus de 25 milliards de chiffre d’affaires et qui donc peut commencer à accélérer en Europe. Haier, c’est aussi la stratégie des petits pas, le groupe y va étape par étape en mariant croissance organique et croissance externe.

 

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Il y a trois ans, Haier avait racheté l’italien Candy également propriétaire de Hoover et de Rosières. Il s’était ainsi renforcé en Europe dans les machines à laver et les fours. Et il avait mis la main sur 7 sites de production. Maintenant qu’il a la taille critique, il peut accélérer et c’est pour ça qu’il va ouvrir une usine de frigidaires en Roumanie qui pourra rapidement produire un million d’articles par an.

 

Canal de Suez : Le blocage actuel montre que la mondialisation peut s’enrayer

Mais pourquoi ne pas tout exporter de Chine ? Il est vrai que les coûts de production restent inférieurs en Chine, mais comme le démontrent les soucis actuels dans le canal de Suez, la mondialisation peut s’enrayer. Un réfrigérateur, c’est lourd et c’est plein de vide. En termes logistiques, ce n’est pas l’idéal de faire faire des milliers de kilomètres à un tel appareil qui au final ne coûte pas très cher. Dans les années qui viennent il va sans doute se passer deux choses : les coûts de production vont continuer de monter dans une Chine qui s’enrichit, et l’Europe risque d’imposer ce qu’on appelle une taxe CO2 à ses frontières. Au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, on taxera la production dans des pays moins respectueux que nous en matière d’environnement. En investissant en Europe, Haier qui est déjà le numéro 5 du marché, prépare l’avenir. Il se dit que même pour un Chinois, on ne peut pas faire que du made in China.

David Barroux

 

 

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