Vivendi : Universal Music bientôt en bourse, peut-être la plus grosse opération boursière européenne de 2021

©Tony Webster/Flickr

L’Assemblée générale de Vivendi va voter aujourd’hui la mise en bourse d’Universal Music et c’est un événement. L’introduction en bourse du numéro un mondial de la musique, valorisé plus de 30 milliards d’euros, sera sans doute la plus grosse opération boursière européenne de l’année.

Deezer, Spotify, la musique par abonnement ont donné à l’industrie de la musique une nouvelle jeunesse.

C’est un événement pour Vivendi puisque c’est le signe que la page Jean-Marie Messier va être complétement tournée. C’est lui qui avait mis la main sur Universal lors de la fusion en 2000 avec les actifs de la famille Seagram qui avait fortune dans le whisky canadien avant de se diversifier dans la musique et le cinéma. C’est donc la fin d’une époque. Universal Music a profité du rebond du marché de la musique. Napster et le piratage avaient fragilisé cette industrie mais Deezer, Spotify, la musique par abonnement lui ont donné une nouvelle jeunesse.

 

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Universal c’est le premier actif de Vivendi. C’est ce qui génère le plus de bénéfices et qui compte le plus dans sa valorisation. En le vendant, Vivendi ne s’appauvrit pas. Il récupère du cash. Maintenant toute la question est de savoir s’il est capable de créer plus de valeur en investissant dans de nouveaux actifs que s’il était resté un actionnaire relativement passif d’Universal. Il a déjà récupéré 6 milliards en vendant 20% de cette major et il va encore lever des milliards en bourse. Ca lui donne une sacrée puissance de feu.

 

On ne peut pas battre Netflix, Disney, WPP ou ATT ou les géants anglo-saxons de l’édition

Que veut faire Vivendi de cet argent ? Il reste au groupe trois métiers. La télé payante avec Canal+ qui est bien plus internationalisé que ce que l’on croit. La publicité avec Havas et l’édition avec des livres et de la presse. Avec les milliards récupérés les dirigeants peuvent accélérer leur croissance dans ces trois métiers en rachetant des concurrents en France mais aussi à l’étranger. On sait qu’ils sont intéressés par Europe 1 ou RTL, par M6, par un groupe de télévision par satellite en Afrique anglophone, par des catalogues de droits audiovisuels américains, par les actifs internationaux et peut-être même français d’Hachette.

 

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Peut-être que les dirigeants du groupe auront envie de se renforcer dans la publicité. Vivendi est aussi le premier actionnaire de Telecom Italia. Ils pourraient donc bouger dans les médias et les télécoms. Ils ont un coffre-fort bien rempli. Ils vont se montrer opportunistes et savent que dans cet univers, les champions du monde seront sans doute toujours Américains. On ne peut pas battre Netflix, Disney, WPP ou ATT ou les géants anglo-saxons de l’édition. Mais sur un gigantesque marché mondial en croissance, il y a de la place pour des acteurs plus petits comme Vivendi.

David Barroux

 

 

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