Francis Hallé veut recréer la forêt de nos ancêtres

Imaginez une grande forêt, une forêt primaire vierge de toute activité humaine. Il n’en existe plus une seule en Europe de l’ouest et c’est ce que veux recréer le botaniste Français Francis Hallé. Son projet pourrait voir le jour dès cet année.

Il faudra plusieurs siècles pour redonner à l’Europe une forêt primaire

Francis Hallé est un amoureux des forêts, spécialiste des forêts tropicales et de leurs canopées. Ces forêts primaires à la beauté extraordinaire, il les connaît et les a parcourues à travers le monde. Il se désole aujourd’hui de n’en trouver aucune en Europe de l’ouest : « d’autres pays ont gardés de très beaux exemplaires de forêts primaires. Je pense notamment à la Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis, au Canada et à la Russie. Je trouve anormal qu’en Europe nous n’ayons plus que des forêts secondaires qui sont loin de rivaliser avec la beauté des forêts primaires. »

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Une forêt primaire n’est ni exploitée, ni modifiée, c’est une forêt où seule la nature fait son œuvre, et ce depuis des siècles. La dernière forêt primaire européenne se trouve à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie mais est aujourd’hui menacée par son exploitation ordonnée par les autorités polonaises. La première étape est, selon Francis Hallé, de trouver l’endroit idéal : « Il va falloir trouver un beau et grand secteur d’au moins 70 000 hectares. Il faudra alors regarder l’âge de la forêt et en supposant que l’on trouve une forêt de 400 ans, ce qui paraît possible, il restera 6 siècles à attendre. La durée pour reformer une forêt primaire si l’on part d’un sol nu est de 10 siècles. » 70 000 hectares : un carré de 26 kilomètres de côté ou 7 fois la superficie de Paris. C’est la superficie nécessaire pour avoir la grande faune d’origine des forêts primaires européennes, ses loups, ses bisons, sa faune et sa flore. Pour arriver à ce stade, aucune exploitation des arbres ne sera permise et la chasse sera interdite, seule la promenade sera autorisée. Francis Hallé précise : « c’est ce que les forestiers appellent la libre évolution. La seule intervention sera de poser des caillebotis pour que les visiteurs ne marchent pas sur le sol ».

Un projet écologique, patrimonial et poétique qui intéresse la Commission Européenne et le gouvernement français

Francis Hallé souhaite que cette forêt soit transfrontalière. Il l’imagine entre la France et l’Allemagne, la France et la Belgique ou entre la France et la Suisse. Plusieurs pistes sont déjà engagées ainsi que des discussions avec le gouvernement français et la commission européenne : « l’accueil de la Commission Européenne est franchement enthousiaste » selon Francis Hallé. Le botaniste français croit dur comme fer à une réponse favorable et espère que son rêve se concrétisera dès cette année. Un rêve qui pourrait donc voir le jour dès cette année mais qui mettra des siècles à se concrétiser.

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Le projet présente de multiples intérêts évidemment écologiques, mais pas seulement. Francis Hallé précise qu’une forêt primaire « stocke le maximum de carbone possible, présente des sommets de biodiversité. D’autres aspects sont plus symboliques et poétiques, il s’agit de régénérer l’aspect patrimonial des forêts, de retrouver les forêts de l’arrivée de nos ancêtres en Europe ». De la poésie, il y en aura également dans la bulle des cimes, le ballon à hélium avec lesquels les visiteurs se hisseront au-dessus de la canopée pour observer les cimes de cette forêt primaire.

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