Le Philharmonique de Vienne trop blanc ? Ibrahim Maalouf se fait recadrer

Tradition que le Philharmonique de Vienne honore depuis plus de 80 ans, le concert du Nouvel an avait de nouveau lieu cette année dans son splendide Musikverein vidé de ses spectateurs. Dirigé par Riccardo Muti, chef d’orchestre qui entretien une relation privilégiée avec l’orchestre depuis de nombreuses années, la retransmission du concert n’a pas plu à Ibrahim Maalouf qui ne s’est pas gêné pour attaquer le manque de diversité ethnique de l’orchestre.

 

Diversité ethnique : « les orchestres français aussi loin du compte » selon Ibrahim Maalouf

Le prestigieux Philharmonique de Vienne manque-t-il de diversité ? C’est ce que pense Ibrahim Maalouf, trompettiste et compositeur, qui l’a dénoncé dans un tweet le lendemain du concert du nouvel an de l’orchestre : « Sublime orchestre de Vienne qui chaque année excelle autant musicalement qu’il se fait tristement remarquer par son manque de diversité ethnique. 2021 on veut plus de diversité ! Si Vienne est à l’extrême, les orchestres français sont loin du compte aussi … »

 

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Un tweet qui a évidemment entraînées de vives réactions, notamment venant du monde musical. Zhang-Zhang, violoniste au sein du Philharmonique de Monte-Carlo s’est indignée des propos du trompettiste : « est-ce que les mêmes remarques s’appliqueraient à l’Opéra de Pékin ? Au célèbre groupe malien Tinawiren ? Au groupe de rock Mongol The Hu ? Laissez le Philharmonique de Vienne tranquille ! Vous voulez jouer avec eux ? Travaillez ! ». La violoniste a également rappelé une réalité qui peut avoir échappé à Ibrahim Maalouf,  « le concours de recrutement des orchestres symphoniques professionnels se fait derrière un paravent. Le jury ne voit pas le candidat, il n’écoute que la qualité de la performance. Les artistes sont choisis par leur musique, pas par leur couleur de peau, leur sexe ou leur origine ethnique.».

 

Des réponses acerbes de Gilles-William Golnadel et André Bercoff

Convaincu d’avoir touché la corde sensible en dénonçant le manque de diversité du Philharmonique de Vienne, Ibrahim Maalouf a multiplié les virulentes attaques les jours suivants le concert du nouvel an, « Chers fachos énervés du tweet, si mes tweets sur le manque de diversité vous excite autant c’est que je touche la corde sensible ». Il a également dénoncé ce qu’il appelle un « racisme institutionnel » que « le monde entier dénonce sauf quelques grands spécialistes des orchestres classiques très connus tels que Bercoff et Golnadel, et tous ces idiots utiles fachos ». Ces réponses du trompettiste s’adressent donc à Gilles-William Golnadel et André Bercoff. Le premier cité, avocat et essayiste, a signé une tribune au Figaro dénonçant « la comptabilité ethnique malséante d’Ibrahim Maalouf ». 

 

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Ce débat autour du Philharmonique de Vienne n’est pas nouveau, face aux accusations de manque de parité de l’orchestre, Christian Merlin avançait déjà fin 2017 à Slate la spécificité de son histoire, « c’est un orchestre impérial. Pour eux, il ne faut pas déranger cet esprit de caste, de clan. Ils revendiquent une tradition et une liberté de ne pas se sentir obligés de faire comme tout le monde ».

Rémi Monti

 

 

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