En crise, le géant français du matelas Dunlopillo cherche un repreneur

Le fabricant de matelas français Dunlopillo est en redressement judiciaire depuis décembre dernier. Plusieurs groupes concurrents ont remis des offres de reprise au tribunal de commerce pour tenter de mettre la main sur la marque et ses deux usines.

 

Un marché d’un milliard d’euros en pleine montée en gamme

C’est une marque puissante, connue de tous les Français, mais qui a dû affronter un secteur en turbulences. Malgré son placement en redressement judiciaire en décembre dernier, Dunlopillo garde de la valeur, même aux yeux du leader du marché qui contrôle déjà des grandes marques comme Epeda, Mérinos ou Bultex. Celui-ci pourrait, comme d’autres concurrents, déposer une offre de reprise au tribunal de commerce. Comment expliquer la chute d’un des rois de la literie française ? Il faut savoir que le commerce du lit est rentable parce qu’il s’agit d’un marché de renouvellement. Quand les Français déménagent, quand ils s’installent en couple, quand leur matelas a souffert du temps, ils le changent.

 

 

En moyenne, un matelas a une durée de vie de 14 ans ; les professionnels préféreraient, eux, son remplacement tous les 5 ans. Malgré cet écart, il se vend quand même autour de 4 millions de matelas par an et un peu plus de 2,5 millions de sommiers. Le marché pèse plus d’1 milliard d’euros, hors ventes de sommiers (700 millions d’euros). Cette industrie monte en gamme car les clients veulent prendre de plus en plus soin de leur dos et investissent dans la qualité de leur sommeil.

 

Les importations de matelas représentent plus d’un tiers des ventes

Sauf que la concurrence est de plus en plus rude. Dunlopillo est une victime symbole de la mondialisation et de la révolution du commerce. Longtemps protégé par le coût et les difficultés d’importation des matelas étrangers, il a fait les frais de la politique de l’Union Européenne, qui facilite leurs venues en provenance des pays de l’Est. Les frais logistiques ont également chuté. Du coup, les importations représentent aujourd’hui un tiers du marché. La révolution commerciale a fait émerger deux types de concurrents. D’abord, le groupe Ikea, devenu numéro un du meuble et qui vend ses propres matelas via sa marque distributeur. Enfin, les vendeurs sur Internet, généralement peu rentables, mais qui cassent les prix et séduisent les jeunes. Du coup, pour les marques installées qui ont souvent un outil industriel vieillissant, les temps sont durs. Il suffit qu’elles essuient coup sur coup la hausse du prix des matières premières et les difficultés de leur principal client, comme Conforama, pour qu’elles mettent la clé sous la porte.

 

David Barroux

 

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