Ehpad : Marie de Hennezel affirme « qu’être en lien avec les autres maintient le goût de vivre »

Marie de Hennezel, psychologue spécialiste des conditions de fin de vie était au micro de Bernard Poirette ce vendredi 20 novembre. Elle est revenue sur la situation pour les personnes âgées, notamment dans les Ehpad dans ce contexte inédit. Elle estime que le gouvernement a « retenu les leçons du premier confinement » en autorisant les visites dans les Ehpad car « être en lien avec les autres maintient le goût de vivre chez les plus âgés ».

 

Marie de Hennezel estime que le gouvernement a tiré des leçons du premier confinement

Marie de Hennezel s’est montrée satisfaite des « leçons tirées du premier confinement par le gouvernement ». Même si « les autorisations de visiter les Ehpad, d’accompagner les mourants et de pouvoir assister aux obsèques » sont des bonnes nouvelles, elle a rappelé que « la situation reste compliquée dans les faits et que l’encadrement des visites reste différent d’un Ehpad à l’autre ». La psychologue a dénoncé le fait que certains établissements étaient envahis par la peur et prenaient des « mesures drastiques parfois injustifiées ».

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Marie de Hennezel a martelé que pour les personnes âgées « être en lien avec les autres, c’est ce qui maintient le gout de vivre ». Elle a expliqué que lors de cette crise sanitaire, « on a voulu protéger leur vie biologique, mais la vie est aussi sociale, affective, spirituelle, démocratique ». La psychologue regrette que nous n’en ayons pas tenu compte, allant plus loin et affirmant que « certains de nos aînés disent préférer garder un lien avec des proches au risque de mourir ».

 

Marie de Hennezel pense qu’un « confinement des personnes âgées mènerait à une augmentation de 30% de personnes en perte d’autonomie »

Marie de Hennezel a ensuite évoqué les souffrances terribles engendrés par l’impossibilité pendant le premier confinement d’accompagner les mourants : « on a laissé des gens mourir seuls, pour leurs proches ce deuil est insurmontable ». Elle pense qu’une troisième vague psychologique aura lieu en raison de ces détresses profondes.

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Enfin, interrogée par Bernard Poirette sur un éventuel confinement des plus âgés, Marie de Hennezel a déclaré que « cette mesure est impossible et serait terrible ». « Est-ce qu’on se rend compte de tous ceux qui ne pourront plus sortir marcher, qui vont se fragiliser ? » s’est elle demandée, ajoutant que « si l’on fait ça, il y aura 30% de personnes en perte d’autonomie en plus ».

Antoine Mouly

 

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