Criminalité à Paris : « Tous les indicateurs sont préoccupants », reconnaît Emmanuel Grégoire

Emmanuel Grégoire était l’invité de la matinale de Guillaume Durand mardi 16 juin. Le premier adjoint à la maire Anne Hidalgo a indiqué que « tous les indicateurs » de la criminalité à Paris « sont préoccupants », mais a rejeté toute responsabilité de la municipalité. Il a indiqué que les relations entre la mairie et Jean-Michel Blanquer se sont crispées « ces dernières semaines » à l’approche de la rentrée scolaire. Il a également visé Rachida Dati, qui tiendrait des propos « mensongers » à l’égard d’Anne Hidalgo. Il s’est en outre félicité du « succès planétaire » de la piste cyclable de la rue de Rivoli.

 

Emmanuel Macron a « décidé que nous étions ses adversaires », a regretté Emmanuel Grégoire

« Il est tout de même incroyable de mettre au passif d’un maire une situation de sécurité publique ». Des affrontements sur fond de trafics de drogues à Dijon et Nice ont beaucoup interpellé ces dernières heures. Outre le commerce des stupéfiants, la ville de Paris est aussi en proie « aux vols à l’arraché », « aux violences », « aux cambriolages », « dont tous les indicateurs sont préoccupants » aux dires même du premier adjoint à la mairie de la ville.

 

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Mais Anne Hidalgo, régulièrement visée par ses adversaires sur sa politique sécuritaire, n’est pas à blâmer pour Emmanuel Grégoire. « Anne Hidalgo demande (une police municipale) depuis maintenant longtemps et c’est le législateur qui en dispose », s’est-il défendu, accusant les autorités de lui refuser cet outil de sécurité publique à des fins électorales. « On a bien compris qu’ils ne nous la donnerons pas avant l’élection municipale. (…) Je ne crois pas que l’on puisse dire que le président de la République nous vient en aide. Il a manifestement décidé que nous étions ses adversaires. On en prend acte ».

 

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Emmanuel Grégoire a toutefois assuré que les relations entre les institutions de l’Etat (préfecture, ARS…) et la mairie était « fructueuses » ; à distinguer donc des liens d’ordre politique qu’elle entretient avec l’exécutif.

 

La mairie de Paris a de mauvaises relations « ces dernières semaines » avec Jean-Michel Blanquer, d’après Emmanuel Grégoire

Une distinction est a opérer selon les ministres. Christophe Castaner « n’est pas celui avec lequel on a les relations les plus difficiles », a-t-il confié au micro de Guillaume Durand, avant de s’en prendre à Jean-Michel Blanquer. « Incontestablement ces dernières semaines, cela a été avec le ministre de l’Education nationale » que les relations se sont envenimées.

 

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Anne Hidalgo est mise en accusation par de nombreux parisiens et par Rachida Dati, la candidate LR à sa succession, pour le manque de capacité d’accueil dans les écoles. « C’est le protocole sanitaire qui crée la contrainte la plus difficile », selon Emmanuel Grégoire, qui rejette toute responsabilité de la municipalité.

 

 

« On était face à un manque de disponibilité immense des personnels. Fort heureusement, le ministre de l’Education nationale, prenant acte des annonces du président de la République, annonce un desserrement du protocole sanitaire », s’est-il réjoui, avant de se montrer optimiste pour la rentrée scolaire prévue le 22 juin. « Nous ne sommes pas du tout en difficulté », a-t-il ainsi affirmé.

 

Emmanuel Grégoire soupçonne Rachida Dati de tenir des propos « mensongers » et des « arguments caricaturaux »

Le 28 juin prochain se déroulera le second tour, ajourné, des municipales. Election pour laquelle Anne Hidalgo est donnée en tête, même si sa concurrente LR semble remonter dans les sondages. « Rachida Dati a réussi à créer une dynamique en sa faveur en rassemblant l’électorat de droite », a reconnu Emmanuel Grégoire, qui a aussi « beaucoup de reproches » à lui faire.

 

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La maire du 7e arrondissement a accusé hier Anne Hidalgo dans les colonnes du Monde d’être à l’initiative d’un projet dangereux de construction de tours dans l’est parisien. Un risque d’effondrement serait même à craindre au niveau des anciennes gares frigorifiques de la SNCF. « C’est souvent le cas avec Rachida Dati. C’est dit avec talent mais c’est juste totalement faux », a taclé Emmanuel Grégoire.

 

 

« Il n’a jamais été question de construire quel qu’immeuble que ce soit sur la zone de la gare inférieure. Soit elle utilise des arguments volontairement caricaturaux, peut-même mensongers, et il m’arrive de la soupçonner de le faire, soit elle ne connait pas les dossiers », a-t-il cinglé, arguant que ce projet allait être de toute façon remis « à la concertation ».

 

Emmanuel Grégoire s’est réjoui du « succès d’usage planétaire » de la piste cyclable rue de Rivoli

Pour terminer l’entretien, Emmanuel Grégoire a été interrogé sur l’expansion des pistes cyclables dans la capitale après le déconfinement ; des pistes qui devraient perdurer si Anne Hidalgo est réélue. Mais d’après nos informations, tous les responsables de la mairie n’auraient pas été tenus informés du projet qui bouleverse la circulation automobile dans plusieurs artères de la capitale.

 

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« Les gens qui devaient être prévenus l’ont été. Toute son équipe l’a été », a assuré le premier adjoint. Anne Hidalgo « n’a pas montée la piste cyclable toute seule la nuit avec un pot de peinture jaune. Cela s’est fait en dialogue avec la préfecture et la RATP », a-t-il souligné, se félicitant du « succès d’usage planétaire en termes de volumes » de la principale piste rue de Rivoli ; « la piste cyclable la plus fréquentée au monde ».

 

Nicolas Gomont

 

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