Covid-19 : « Il est évident que le variant est partout » selon Didier Sicard

Didier Sicard était l’invité de la matinale de Guillaume Durand ce jeudi 14 janvier. Le Professeur de médecine et ancien directeur du Comité d’éthique aborde la « course de vitesse » qui s’amorce pour vacciner les Français, dénonce « un système de santé publique qui est complètement à revoir » et appelle chacun à plus de responsabilité pour combattre l’épidémie de coronavirus.

Didier Sicard : « Le vaccin anti covid-19 est une bénédiction »

Didier Sicard, enthousiaste à l’idée de l’arrivée du vaccin : « c’est une promesse ahurissante », se dit confiant concernant sa capacité à éteindre l’épidémie. Cela se fera « progressivement« , et estime un seuil à « 40% de personnes vaccinées pour que l’épidémie amorce vraiment une défervescence prolongée ». Le professeur de médecine rappelle également que ce vaccin est dans un premier temps utile pour « protéger les personnes atteintes de maladies graves et non pour éteindre l’épidémie, même si il y contribue progressivement ». Cependant, il estime que compter sur la vaccination pour battre un variant britannique dont « la contamination est rapide et facile », ce qui en fait un « virus plus dominant » serait un peu « la course de la tortue face au lièvre ». Didier Sicard explique que la meilleure arme est la responsabilité collective, chacun devant prendre conscience qu’il est « co-responsable de la continuité de l’épidémie ».

L’ancien président du comité d’éthique appelle donc les Français à plus de responsabilité. Selon lui, la position à adopter est « d’être abrupt avec ces questions là et ne pas entrer dans des discours de liberté philosophiques ». Estimant que le port du masque « protège à 95 ou 98% » et un niveau de dangerosité qui devient préoccupant « au bout d’un quart d’heure sans masque » le professeur de médecine invite donc chacun à « se protéger à chaque instant de sa vie », mais rappelle que ces chiffres avancés sont « approximatifs et pas scientifiquement établis ». Pour plus de fermeté, Didier Sicard affirme également que « le couvre-feu à 18h est excellent, car il permet que les gens ne se rencontrent pas pour partager un repas ».

 

« L’appareil de santé publique en France est très défectueux, voire inexistant » selon Didier Sicard

Didier Sicard dénonce « une organisation pratique et technique de la santé publique en France qui a été abandonnée depuis 10 ans ». La faute repose sur le fait que « la prévention n’intéresse personne, pas plus les pouvoirs publiques que les Français », car ces derniers « se sont habitués à ce que la médecine triomphe ». Didier Sicard associe les notions de collectif et de prévention « en santé publique, ce n’est pas ma santé qui est le sujet, c’est la santé des autres qui me protège » et s’inquiète d’un « abandon du collectif au profit d’une technicité hospitalière ». Cette réorganisation passera également par « enlever toutes ces structures : ARS, HAS … qui s’empilent les unes sur les autres, jalouses de leurs indépendances ».

 

Concernant la stratégie vaccinale actuelle, Didier Sicard qualifie « d’excellente réflexion » l’argument relayé par Guillaume Durand sur une vaccination des actifs avant celles des résidents des Ehpad. Le professeur de médecine plaide pour faire de la vaccination en Ehpad une cause « adjacente » de la vaccination de « ceux dont la vie sociale est perturbée, les étudiants et actifs ». Il juge aussi le refus de membres du personnel soignant à se faire vacciner comme « un geste éthiquement très choquant », et souligne que cela devrait être « une obligation médicale ».

Rémi Monti

 

 

Retrouvez les interviews politiques