Comment Radio Classique émet en direct malgré le confinement ?

« Restez chez vous » : la consigne n’affecte pas seulement votre quotidien, mais le fonctionnement de nombreux médias comme Radio Classique. Parce qu’elle a plus que jamais pour mission de continuer à vous informer et à vous accompagner, votre station a dû faire preuve d’ingéniosité pour assurer, en partie à distance, plusieurs heures de direct chaque jour.

 

Une matinale info en direct des studios

C’est une période inédite que traverse, comme vous chers auditeurs, votre station favorite. Les mesures sanitaires exceptionnelles prises par le gouvernement contraignent nos équipes à prendre le maximum de précautions et à limiter au strict nécessaire les allées et venues des journalistes et des animateurs. Sous la direction de François Cache, directeur de la diffusion et des réseaux, les équipes techniques ont travaillé d’arrache-pied pour mettre en place, dès lundi 16 mars, un dispositif exceptionnel. Commençant désormais à 7 heures (au lieu de 6 heures 30), la matinale d’information reste produite depuis nos studios mais avec un effectif minimum : un réalisateur en régie (Bertrand Dorigny), deux animateurs (Dimitri Pavlenko jusqu’à 7 heures 30, Guillaume Durand ou Renaud Blanc ensuite, jusqu’à 9 heures), un présentateur des journaux de 7 heures et 8 heures (Augustin Lefebvre), David Abiker pour la Revue de presse, enfin Jacques Sanchez, en charge de la programmation des invités. Tous prennent naturellement toutes les précautions désormais d’usage pour éviter tout risque de contamination.

 

A lire aussi

 

Les sujets dans les journaux de 7 heures et 8 heures, le journal de 7 heures 30 d’Eric Mauban,  les éditoriaux, chroniques, interviews… : tout le reste est transmis ou émis à distance soit par des moyens numériques afin d’assurer la meilleure qualité de son possible, soit par téléphone. A la guerre comme à la guerre… Dans les conditions difficiles que vous imaginez, parfois au milieu de leurs enfants qu’ils doivent en même temps faire travailler, les journalistes de la rédaction continuent de travailler de chez eux, échangeant plusieurs fois par jour avec la rédactrice en chef, Stéphanie Collié, et son adjointe, Sophie Paolini. Ils « montent » ensuite leurs sujets sur leur ordinateur et l’envoient sur un serveur dédié.

 

Une implication de tous ceux qui travaillent dans l’ombre

Les flashes que vous entendez à chaque heure tout au long de la journée sont eux aussi réalisés de chez lui par Baptiste Gaborit. « Je travaille depuis chez moi grâce à un micro installé dans mon salon. La qualité du son est parfaite, témoigne Baptiste qui est, en temps ordinaire, le spécialiste de l’environnement à Radio Classique. Cependant, il faut bien maîtriser la technique. Je dois me connecter à une plateforme en ligne cinq minutes avant l’heure H, pour avoir le retour et être en lien avec le réalisateur en studio ». Baptiste reste connecté en temps réel au fil des dépêches et aux sites d’informations ; la teneur de ses flashs info se maintient donc à son niveau optimal.

 

Baptiste Gaborit, à quelques minutes de sa prise d’antenne pour le flash info.

 

Parfois, la surcharge des réseaux internet et de téléphonie vient enrayer cette « mécanique ». La semaine dernière, un flash de 11 heures n’a pas pu avoir lieu : sans doute y aura-t-il d’autres incidents de ce type. Merci de votre indulgence.

 

A lire aussi

 

 

 

Des émissions en « direct salon »

Pour maintenir au maximum le lien avec vous, chers auditeurs, et vous soutenir dans ces mauvais jours, nous avons installé chez Franck Ferrand et Christian Morin des « home studios » qui leur permettent d’animer leurs émissions en direct depuis… leur salon. Vous pouvez continuer ainsi à profiter de numéros inédits de Tous classique et de Franck Ferrand Raconte. « C’est une grande première, se félicite Christian Morin, qui aurait mortifié de ne pas vous parler chaque jour. En 40 ans de parcours radiophonique, j’ai déjà animé des émissions depuis l’Alaska, le Brésil et les Etats-Unis, dans des conditions très particulières à l’époque, avec du matériel tout sauf miniaturisé. Mais rien de comparable avec ce que je vis aujourd’hui ».

 

A lire aussi

 

Équipé d’une tablette, qui lui affiche en temps réel le décompte des disques et des pages de publicité, Christian parvient à faire son émission d’humeur habituelle avec son téléphone portable et une simple application. « Une fois expliqué, c’est aussi simple que de cliquer sur Spotify ! L’appartement s’est vite transformé en régie avec, comme pour Franck Ferrand, notre univers autour de nous, nos livres, nos photos… Même si c’est un peu lunaire, c’est excessivement confortable. Et le son s’est encore amélioré depuis le début, grâce à une idée de François Cache et de son adjoint Thomas Coste, qui ont fait un travail formidable ». L’âme de Radio Classique repose évidemment sur sa programmation musicale, qui continue d’être renouvelée par une pièce maîtresse du dispositif, le directeur des programmes musicaux Francis Drésel. « C’est une des poutres de la station, insiste Christian, avec qui il travaille en étroite collaboration depuis de nombreuses années. Je vais fêter les 10 ans de mon émission et nous devons son succès en grande partie à lui ! »

 

 

Une audience en forte hausse depuis le confinement

Veuillez nous pardonner chez auditeurs, si quelques courts décrochages d’antenne se produisent durant ces deux rendez-vous du matin : « comme Franck, raconte Christian Morin, j’ai prévenu mes amis de ne pas m’appeler pendant l’émission, car forcément, le portable se coupe… C’est drôle, parce que c’est une femme de radio en plus et elle sait comment cela marche, mais j’ai reçu il y a peu un coup de fil de Maryse Gildas en direct. Mais cela n’arrivera plus, que les auditeurs se rassurent. L’important était de ne pas abandonner l’antenne dans ce moment difficile. Et je voudrais saluer Jean-Francis Pécresse (directeur de la station) et Bertrand Dermoncourt (directeur de la musique) qui ont eu cette initiative ».
Le soir, à 18 heures, Jean-Michel Dhuez arrive en studio pour animer en direct Harmoniques, l’émission du soir qui fait la part belle au grand répertoire. Seul en studio, Jean-Michel a tenu à rester présent pour cette tranche si importante de la fin de la journée.

 

Une implication de tous ceux qui travaillent dans l’ombre

En studio ou à distance : rien ne serait possible sans la présence de deux réalisateurs, Bertrand Dorigny et Yann Lauvray aux consoles de mixage. « Yann, qui se charge des programmes de l’après-midi, est logé et donc confiné toute la journée dans l’immeuble de Radio Classique », révèle Thomas Coste, responsable de la diffusion et des réseaux. Tous deux se dévouent avec cœur dans des conditions difficiles et leur implication est à saluer vivement ». Tous les jours, vous êtes nombreux à nous écrire sur le mail de la radio, continuez : ainsi, nous nous soutenons mutuellement. Merci !

 

L’équipe de Radio Classique