Chine : Evergrande, le géant de l’immobilier vacille, l’économie du pays tremble

Horekamjoey/wikimedia commons

Le sort du géant de l’immobilier chinois Evergrande inquiète l’ensemble du pays. L’entreprise fait face à une dette abyssale, à tel point qu’aujourd’hui, elle risque la faillite. L’économie chinoise pourrait être fortement impactée.

Pékin exige de ses entreprises de réduire leur dette pour continuer à emprunter

Après des années de croissance effrénée, le marché immobilier en Chine est à un tournant : moins de demandes, moins de ventes également. Un phénomène qui plombe tout le secteur, même si ce n’est pas la seule cause. Pendant une décennie, Pékin a ouvert en grand les vannes des crédits pour doper sa croissance. Un système dont a profité Evergrande, qui a emprunté à outrance pour se développer, mais Pékin a sifflé la fin de la récré et le robinet s’est refermé. Depuis le début de l’année, Pékin exige de ses entreprises de réduire leur dette pour continuer à emprunter, mais c’est difficile pour Evergrande, qui affiche un trou dans la caisse de 260 milliards d’euros. L’économiste spécialiste de la Chine Marie-Françoise Renard explique que pour avoir des liquidités, Evergrande a vendu des immeubles à bas prix, « pour faire rentrer de l’argent ». Elle a donc, en fait, perdu de l’argent, n’a pas assez de liquidités, des dettes, « c’est un cercle vicieux », assure l’économiste.

A lire aussi

 

Pékin pourrait faire d’Evergrande un exemple face à des entreprises chinoises surendettées à hauteur de 160% du PIB

Evergrande est désormais incapable de payer fournisseurs et sous-traitants. L’entreprise est au bord de la faillite. Mais difficile pour Pékin de laisser tomber ce mastodonte, au nom de la paix sociale, si chère au Parti Communiste. « Le gouvernement ne va pas prendre le risque de licencier des milliers voire des millions d’employés », souligne Marie-Françoise Renard, « car cela touche des millions d’emplois, et pas seulement dans l’immobilier ». Mais face à des entreprises chinoises surendettées à hauteur de 160% du PIB, Pékin pourrait faire d’Evergrande un exemple. Un scénario catastrophe pour l’économie mondiale, car ce système n’a pas cours qu’en Chine, selon Véronique Riches-Flores : « si un maillon de la chaîne craque, et en l’occurrence un gros maillon, il peut y avoir un effet boule de neige ». Le scénario du sauvetage reste aujourd’hui privilégié et passera probablement par une nationalisation et une restructuration d’Evergrande. Pékin ne peut se permettre une crise économique, après la crise du Covid-19.

Eric Kuoch

Retrouvez l’actualité du Classique