« Cette épidémie révèle nos angoisses collectives », pour Didier Raoult – La Revue de Presse de David Abiker

Didier Raoult, professeur de l’IHU de Marseille, a accordé une interview au Figaro Magazine. Il y a notamment relativisé l’importance de l’épidémie de Covid-19, face aux « 2,6 millions de morts par infections respiratoires » dénombrés chaque année.

 

Didier Raoult se défend d’avoir « voulu prédire l’avenir »

Le Figaro Magazine n’a pas hésité à rappeler à Didier Raoult qu’il y a 10 jours, il affirmait que l’épidémie de coronavirus était assez banale. « Chaque année, répond t-il, il y a 2,6 millions de morts par infections respiratoires. Donc, avant de faire bouger les statistiques à cause du Covid-19, il faudra s’armer de patience. Cette épidémie révèle en revanche pas mal de nos dysfonctionnements et de nos angoisses collectives. Je n’ai jamais voulu prédire l’avenir en matière d’épidémies ».

 

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« Je sais seulement que ce virus tue les plus fragiles et qu’il n’est donc pas si différent de ceux observés dans la famille des coronavirus ». Un peu plus loin, le directeur de l’IHU de Marseille termine par un plaidoyer en faveur du bon sens et rappelle ce qu’est la profession de médecin, loin des études cliniques devenues la normes et souvent coupées des réalités de la pratique hospitalières.

 

 

Un éditorial contre « les donneurs de leçons« 

« Mon métier, c’est d’essayer de soulager, de soigner et de dire avec quoi j’essaie de le faire. Si les gens me croient plus que les autorités supposément savante, je n’y peux rien. La crédibilité, c’est celle des praticiens ». Du bon sens, un peu de temps et donc pas de précipitation. On lira pour finir le journaliste Laurent Bazin, auteur sur Facebook hier un billet qui dit ceci à l’attention des professeurs d’avenir et des donneurs de leçons.

 

 

« Et si on attendait un peu ? Et si on attendait la fin de cette crise pour prédire, en vrac, la fin de la mondialisation, des open-space, de l’égoïsme, l’avènement de l’intelligence collective, d’une solidarité planétaire, le triomphe de la « raison d’être » ? Notre problème, c’est que nous allons trop vite. Nous n’aimons pas l’incertitude. Nous voulons savoir, tout de suite. Savoir ce qui vient et ce qui nous attend. Alors, nous nous (ré)-inventons un avenir, pour nous rassurer ».

 

David Abiker