Canicule à Paris, Lyon, Marseille : Comment réduire la chaleur dans les grandes métropoles ?

Une étude publiée aujourd’hui sur la chaleur en Île-de-France établit qu’il sera difficile de se passer de la climatisation malgré ses inconvénients. Les scientifiques se sont penchés sur les îlots de chaleur urbains. Le phénomène entraîne des températures bien plus élevées en ville qu’à la campagne, durant les vagues de chaleur ou les canicules

 

Entre Paris et certaines villes de banlieue, les écarts de température peuvent atteindre 7 à 10 degrés

Ces îlots de chaleurs urbains sont « un micro-climat qui existe en ville, où les températures sont plus élevées qu’à la campagne », explique Vincent Viguié, co-auteur de l’étude et chercheur à l’école des ponts Paris Tech. Cela s’explique notamment par l’absence de végétation suffisante, car le béton qui compose l’essentiel des villes stocke la chaleur.

 

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La nuit, les écarts de chaleur peuvent atteindre 7/8 degrés, voire plus de 10 degrés entre Paris et certaines communes de la grande couronne par exemple. C’est ce qui s’est passé il y a 10 jours, et c’est qui rend les canicules encore plus difficiles à vivre en ville. La solution la plus évidente reste la climatisation, son utilisation a été modélisée par les chercheurs français.

 

 

Pour lutter contre les canicules, on peut végétaliser les villes, repeindre les toits en blanc et isoler les bâtiments

Vincent Viguié pointe le risque de « cercle vicieux » : en consommant énormément d’énergie, la climatisation contribue à l’émission de gaz à effet de serre, et donc au changement climatique. Autre risque pour le climat : elle rejette de l’air chaud vers l’extérieur. Si la climatisation était généralisée à toutes les habitations de l’Île-de-France, la consommation énergétique serait plus que doublée par rapport à un jour d’été classique. Les chercheurs se sont donc intéressés aux autres solutions : la plus efficace reste la végétalisation des villes, des parcs, plus d’arbres, plus de plantes.

 

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Cela permet de rafraîchir l’air, de créer de l’ombre. En remplaçant un bâtiment sur 10 en région parisienne par un parc, la température baisserait de 2 degrés. Autre solution, les politiques de formes urbaines dont l’objectif est de créer des couloirs de vent pour évacuer la chaleur. On peut aussi repeindre en blanc les routes ou les toits, des toitures réfléchissantes qui ne stockent pas de chaleur, isoler les bâtiments, retirer du bitume. Il faudra combiner toutes ces solutions, y compris la climatisation. Pour autant la fréquence des canicules devrait doubler d’ici à 2050.

 

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Baptiste Gaborit

 

 

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