Boomers : Polémique autour de la campagne écologiste ciblant les seniors

Ces affiches en disent long sur la manière dont les écologistes et leurs communicants voient le monde. Julien Bayou, tête de liste EELV en Île-de-France a partagé sur Facebook des visuels sensés donner envie aux électeurs verts d’aller voter aux régionales.

Julien Bayou tête de liste EELV en Île-de-France a désavoué l’affiche qui s’en prend aux seniors

Le premier visuel explique que les chasseurs, eux iront voter, le deuxième que les boomers (désignant de manière péjorative les personnes nées pendant le baby-boom NDR) autrement dit les vieux nantis de droite eux, iront voter, une autre affiche enfin que les fachos eux, iront voter… En clair, il y a les électeurs verts, conscients, et les autres. Les autres sont trop vieux, trop à droite, immédiatement considérés comme des fachos, et que dire des chasseurs qui passent en général plus de temps dans la nature que les écolos bobos parisiens mais peu importe, le sectarisme vert c’est un peu la machine à exclure.

 

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Julien Bayou tête de liste EELV en Île-de-France a bien sûr désavoué l’affiche qui s’en prend aux seniors, évoquant une erreur, comme le rapporte ce matin le Parisien, mais la sortie de route est là. Que dit-elle, si ce n’est que les Verts ont une révolution culturelle à faire : sortir de la  propagande aux méthodes staliniennes qui désigne un coupable quand la cause environnementale suppose de rassembler. Arrêter enfin de croire que l’écologie appartient à une génération spontanée de trentenaires et d’adolescentes à couettes, la preuve est que la plupart ces militants écologistes intransigeants ont été nourris, biberonnés et parfois langés par une génération à laquelle ont appartenu René Dumont, Brice Lalonde, Corine Lepage, Noël Mamère, Dominique Voynet, Nicolas Hulot, Yann Artus-Bertrand, autant de boomers dont l’engagement précoce n’a pas attendu la génération climat dont on la presse nous rebat les oreilles.

 

Alain Finkielkraut est également visé par cette campagne

Le philosophe et académicien Alain Finkielkraut lui aussi est une des bêtes noires des écologistes et figurait sur ces affiches. C’est mal le connaître, puisque le philosophe s’est converti très sincèrement à la cause animal, s’est pris de passion pour le doux regard des vaches et des bœufs et a publié un manifeste argumenté contre l’élevage industriel intensif il y a quelques années. Mais on ne peut pas demander à un militant écolo d’avoir lu Finkielkraut. Il donne ce matin une interview-fleuve au Figaro après les manifestations d’hier notamment au Trocadéro à Paris réclamant justice pour Sarah Halimi.

 

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Car l’affaire Sarah Halimi n’en finit pas de susciter l’incompréhension. La rue secoue la justice, c’est la une de la Provence tandis qu’un peu partout dans vos journaux du week-end François Molins le procureur près la cour de cassation explique que la justice n’a délivré aucun permis de tuer. Il n’empêche, Alain Finkielkraut a des doutes sérieux, même s’il estime qu’il ne faut pas remettre en cause ce principe de justice qui consiste à ne pas juger les fous. Finkielkraut évoque les experts qui n’étaient pas tous d’accord sur l’altération du discernement de l’assassin, il estime que c’était à la cour d’assise et je le cite « de trancher et de décider au terme d’un débat contradictoire, si Kobili Traoré avait l’esprit assez clair et cohérent après avoir massacré Sarah Halimi, s’il était conscient de ce qu’il faisait. Car pour le moment une chose est sûre, Traoré avait l’esprit assez clair et cohérent en pleine crise psychotique pour déchaîner sa pulsion sur une victime juive ».

David Abiker

 

 

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