Beauvau de la sécurité : Agir ou planifier, Emmanuel Macron face au dilemme de fin de mandat

Emmanuel Macron a présenté hier, à Roubaix, les conclusions du Beauvau de la sécurité. On touche du doigt à l’ambiguïté et à la difficulté de tout exécutif en fin de mandature.

La sécurité comme principal reproche des détracteurs d’ Emmanuel Macron

S’il ne fait plus rien, s’il lève le crayon à cause des élections qui approchent, Emmanuel Macron sombre dans l’immobilisme. Si, à l’inverse, il ouvre des chantiers ou lance encore des réformes, on lui fait deux reproches inverses : soit d’agir par électoralisme soit de découvrir subitement des problèmes qu’il avait ignorés jusque-là. La sécurité est surtout le dernier reproche qui a été formulé envers le chef de l’état. Par la droite notamment, qui affirme qu’il était temps au bout de quatre ans, qu’il se rende compte que la sécurité est un problème et qu’il reprenne des propositions que nous formulions déjà. Le président a consacré une grande partie de son discours à rappeler ce qu’il a fait en la matière depuis 2017, même si les résultats ne sont pas toujours au rendez-vous.

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1,4 milliards d’euros inscrit dans le budget du Ministère de l’intérieur, en 2022

Emmanuel Macron a beaucoup misé sur le contenu de cette loi. Ne serait-ce que sur le plan financier avec rien de moins qu’1,4 milliards d’euros inscrit dans le budget 2022. Ce budget 2022 ne sera pas celui de la rigueur et de la réduction des déficits. Mais là encore, il n’y aurait rien de sonnant et trébuchant on le lui reprocherait.
La seconde caractéristique est d’enjamber l’échéance présidentielle proprement dite. Tout faire d’ici au printemps 2022 ne serait pas réaliste. Tout renvoyer après 2022 serait botter en touche. Alors oui,  il enjambe. Ainsi la loi de programmation sera présentée en conseil des ministres au tout début de l’année prochaine, mais elle ne sera votée au Parlement qu’après les législatives.

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Il y a des puits dans lesquels on déverse de l’argent qui sont des puits sans fond. C’est pourquoi, au moins dans l’intention, Emmanuel Macron distingue les mesures immédiates, purement budgétaires, et les réformes structurelles destinées à rendre la chaîne sécuritaire plus efficace. La simplification et l’accélération de la procédure pénale sur lesquelles doit travailler le Garde des sceaux en sont un exemple. D’une certaine manière, ce plan s’inscrit dans la même logique que le plan pour Marseille que Macron a dévoilé il y a quinze jours. De l’argent immédiat parce qu’il y a des urgences ; mais des réformes de temps long pour éviter de toujours dépenser en pure perte.

 

Guillaume Tabard

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