Angela Merkel, amoureuse de Wagner et icône politique

Raimond Spekking/wikimedia commons

La chancelière allemande Angela Merkel s’apprête à laisser sa place après 16 ans au pouvoir. Des élections législatives à l’issue très incertaine se tiennent ce week-end. Le Journal Imprévisible revient aujourd’hui sur une femme politique qui aura marqué l’histoire par son style.

Angela Merkel est une icône politique, une antithèse du bling-bling

Sobre, patiente, stable, ferme, Angela Merkel, ancienne chimiste, pratiquait la politique méthodique comme dans ses laboratoires, et elle prendra des décisions fortes : la fin du nucléaire en 2011 après Fukushima, le salaire minimum, le mariage pour tous… Dans l’un des discours le plus forts de son mandat, en 2015, elle déclare « Wir schaffen das ! », « Nous y arriverons ! », car l’Allemagne est un pays fort. En septembre 2015, en pleine crise des réfugiés, Angela Merkel décide de ne pas fermer les frontières alors qu’affluent près d’un million de personnes aux portes de l’Allemagne. Un coup magistral aux yeux du monde, impardonnable pour une partie de l’électorat qui se tournera vers l’extrême-droite et précipitera son départ. Angela Merkel est aussi une icône politique, une antithèse du bling-bling, qui continue de louer un appartement à Berlin, de faire ses courses au supermarché et part chaque été randonner dans le Tyrol du Sud. Merkel, c’est ensuite une image, un losange formé par ses mains et un uniforme : veste de couleur sur pantalon noir qui faisait bondir le couturier et compatriote Karl Lagerfeld.

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Un style simple, qui rappelle aussi une certaine pudeur. Angela dévoile très peu de choses sur sa vie. Il faudra attendre 2019 pour qu’elle évoque un jour son enfance et son adolescence en Allemagne de l’Est. La fille de pasteur racontait alors le jour de la Chute du Mur : « J’étais au sauna avec ma copine quand c’est arrivé. Je suis rentré chez moi, je n’y croyais pas. Même aujourd’hui lorsque je passe la porte de Brandebourg, ce sentiment de justice persiste. Je ne concevais pas un tel évènement. J’ai dû attendre mes 35 ans pour avoir cette sensation de liberté et cela a changé ma vie ».

Richard Wagner est le compositeur préféré d’Angela Merkel

30 ans plus tard, c’est la presse américaine qui sacre Angela Merkel femme la plus puissante du monde. Pas question pour autant de devenir une icône féministe. Du moins elle le reconnaîtra, après 16 ans de pouvoir. Richard Wagner est le compositeur préféré de la chancelière, adepte du festival de Bayreuth chaque été. On retrouve donc des disques de Wagner sur les étagères d’Angela Merkel, mais aussi une curiosité, tous les DVD de Louis de Funès, offerts par les conseillers de l’Elysée pour mieux comprendre la psychologie du président de l’époque, Nicolas Sarkozy. Merkel / Sarkozy, deux personnalités que tout oppose, pourtant la France et l’Allemagne s’alignent sur la crise de l’Euro.

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Angela Merkel se mue en européenne quelques années plus tard sous Emmanuel Macron avec le Plan de relance post Covid. Paris et Berlin se sont également affichés main dans la main lors des attentats de 2015, François Hollande, Angela Merkel et des dizaines de chefs d’états place de la République après la tuerie de Charlie Hebdo. François Hollande avait confié se souvenir à ce moment-là d’une chancelière pleine d’humanité. Elle a vu passer 4 présidents français, 4 américains, 2 chefs d’état chinois et une cote de popularité a 80%. C’est donc un repos bien mérité pour celle qui est surnommée « Mutti » (Maman). Elle prévoirait une virée dans les Rocheuses aux Etats-Unis pour fêter sa retraite, ce que la jeune Allemande de l’Est n’a jamais eu le temps d’accomplir depuis la Chute du Mur.

Marc Bourreau

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