Accusé d’agressions sexuelles, le premier violoncelle de l’Opéra de Vienne a été limogé

Le Staatsoper et le Philharmoniker de Vienne ont décidé de démettre de ses fonctions le violoncelliste, sine die. Un nouveau jugement prend en compte les accusations qui le visent pour des faits d’agressions sexuelles.

Le Philharmoniker de Vienne actuellement en concert au Théâtre des Champs-Elysées

Les faits remontent à 2018 lorsque des accusations d’agressions sexuelles avaient été émises à l’encontre de ce musicien, violoncelliste solo du Staatsoper et du Philharmoniker de Vienne (depuis 2005). A l’époque, l’Université de musique et des arts du spectacle de Vienne (MDW), où il enseignait, l’avait licencié au motif de « détournement flagrant de ses fonctions » à l’encontre de plusieurs étudiants. Le musicien de 53 ans, dont le nom n’est pas cité, aurait notamment invité des étudiants dans son appartement à Salzbourg, se serait exhibé et aurait demandé des relations sexuelles.

 

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Il aurait également exercé des pressions sur les « victimes » et les auraient menacées. Suite à la décision de l’université viennoise, le violoncelliste, avait saisi le tribunal du travail qui l’avait rétabli dans ses fonctions. Cette semaine, alors que le Philharmonique de Vienne est en concert au Théâtre des Champs-Élysées (jusqu’au 29), un nouveau jugement du tribunal du travail et social d’Alsergrund à Vienne est revenu sur la décision initiale ce qui a amené la direction du Staatsoper à prononcer son licenciement immédiat, impliquant de fait son départ du Philharmonique, lié juridiquement à l’opéra d’État.

 

Une ombre au bilan de Dominique Meyer ?

Lors du procès qui s’est tenu cette semaine, quand on lui a demandé pourquoi il avait décidé de revenir devant la justice plus d’un an après le 1er jugement, l’accusé a répondu: « Le directeur du Staatsoper, Dominique Meyer, m’avait demandé de ne pas poursuivre la procédure jusqu’à la fin de son mandat » (Dominique Meyer doit prendre le mois prochain la direction de la Scala de Milan, NDLR). Des accusations que ce dernier juge « infondées » et qui devraient le conduire à intenter une action en justice.

 

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Une nouvelle affaire au sein de l’institution autrichienne qui ternit quelque peu le bilan de Dominique Meyer malgré les bons résultats obtenus en 10 ans de mandats. L’an dernier, la publication d’un rapport sur les méthodes de formation intensive des jeunes danseuses et danseurs de l’Académie de ballet de l’opéra autrichien, jugées dangereuses pour leur santé, avait conclu que Dominique Meyer n’avait pas « suffisamment pris au sérieux» sa fonction de contrôle. 

 

Philippe Gault

 

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