7,8 millions de Français au chômage partiel en mai, annonce Muriel Pénicaud

Muriel Pénicaud était l’invitée de la matinale de Guillaume Durand mercredi 17 juin. La ministre du Travail a indiqué que le gouvernement expulsera « si le droit le permet » les étrangers coupables des débordements à Dijon. Elle a annoncé que 7,8 millions de Français étaient au chômage partiel au mois de mai, soit une « décrue manifeste ». Elle a laissé entendre que le gouvernement en demandera pas aux Français de « travailler plus » et a indiqué qu’un allègement des mesures barrières en entreprises allait être présenté la semaine prochaine.

 

« Si le droit le permet », la France expulsera les Tchétchènes impliqués dans les violences à Dijon, assure Muriel Pénicaud

« On ne se laisse pas faire ». Après plusieurs jours de violences, sur fond de trafics de drogue à Dijon, le calme semble revenu. Mais le gouvernement dit ne pas vouloir laisser les crimes commis impunis, alors que l’opposition s’empare du sujet et accuse l’exécutif de laxisme. « Malheureusement, les extrêmes se nourrissent de la violence, dans un sens comme dans un autre, dans le débat politique. Je le regrette », s’est défendu Muriel Pénicaud.

 

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Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, déjà affaibli par la séquence des manifestations contre les violences policières, est sous le feu des critiques. Pour la ministre du Travail, l’idée qu’un seul homme, « fut-ce un ministre », pourrait être responsable de ces débordements n’a pas de sens. « La violence, qui traverse toutes les démocraties, est un véritable sujet. Il y a une toute petite minorité violente dans le pays ; des ennemis de la démocratie », a-t-elle pointé du doigt, indiquant que « si le droit le permet », le gouvernement expulsera les Tchétchènes impliqués.

 

« 7,8 millions de Français au cours du mois de mai ont été au chômage partiel », annonce Muriel Pénicaud

Au micro de Guillaume Durand, la ministre du Travail a aussi présenté les derniers chiffres du chômage partiel. « Il y avait encore 7,8 millions de Français qui, au cours du mois de mai, ont été au chômage partiel. Mais c’est moitié moins d’heures qu’au mois d’avril. La décrue est manifeste » notamment « dans le commerce et le bâtiment », s’est-elle réjouie, reconnaissant toutefois que la France est encore « loin de la normale ».

 

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« Au mois de mai, dans le secteur privé un salarié sur deux est allé travailler sur son lieu de travail. Un salarié sur quatre en télétravail. Cela veut dire qu’un sur quatre était au chômage partiel, ou en garde d’enfants. Un quart de la force de travail en moins, c’est beaucoup dans un pays et cela contribue au risque de récession », a-t-elle alerté, estimant que sans reprise massive de l’activité au mois de juin, cela deviendrait « dangereux pour l’emploi ». Le ministre de l’Economie a déjà anticipé, lui, une hausse massive du chômage sur l’année et 800.000 licenciements.

 

 

« Au total, on a dépensé pas loin de 17 milliards d’euros en trois mois pour, on l’assume, sauver des emplois », a précisé Muriel Pénicaud, qui a assuré que ce système de protection des salariés n’était pas un frein à une reprise rapide de l’économie. « Les gens veulent retourner au travail. Un, on est plus payé. Deux, on retrouve les collègues. L’immense majorité des gens qui travaillent sont contents d’y retourner », a-t-elle estimé, rappelant que l’Etat « va continuer à aider avec l’activité partielle les secteurs qui ne peuvent pas redémarrer vite ».

 

Muriel Pénicaud prône le « travailler tous » pour rétablir les finances du pays

Durant son allocution dimanche dernier, Emmanuel Macron a déclaré que les Français devraient « travailler plus » pour rétablir les finances du pays. Une exhortation qui a laissé de multiples interprétations, comme la suppression des 35 heures ou l’ajournement de congés payés. Muriel Pénicaud a préféré ce matin troquer l’expression « travailler plus » pour une autre. « Le « travailler tous » va être essentiel pour augmenter la richesse nationale ».

 

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La ministre compte pour ce faire sur la conservation par les entreprises de leurs salariés, le retour à l’emploi des intérimaires et CDD mis sur la touche durant le confinement, mais aussi la réouverture des écoles pour abaisser le nombre d’actifs en garde d’enfants. Muriel Pénicaud, qui devrait aussi rapidement annoncer des mesures en faveur de l’apprentissage et de l’embauche des jeunes diplômés.

 

 

« Chaque chose en son temps ». La ministre a refusé de confirmer le retour de la réforme des retraites, abandonnée suite à la crise sanitaire. Interrogée sur les gestes barrières à observer en entreprises, Muriel Pénicaud a annoncé un allègement à venir, qui permettra toujours « de travailler en toute sécurité ». « Je suis en train de travailler avec les partenaires sociaux sur des protocoles de déconfinement allégés pour les entreprises et qui remplacera l’ensemble des guides. Cela arrivera la semaine prochaine », a-t-elle annoncé. Muriel Pénicaud veut ainsi profiter de la « dynamique positive » de la France face au virus, bien qu’elle juge le retour de l’épidémie en Chine « inquiétant ».

 

Nicolas Gomont

 

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