Soutien des pays occidentaux : Entre Israël et l’Ukraine, comparaison n’est pas raison

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En Ukraine, alors que les bombardements russes s’intensifient, Volodymyr Zelensky invoque l’exemple d’Israël, défendu efficacement contre l’Iran par les pays occidentaux. Mais est-ce un parallèle approprié ?

Depuis l’attaque massive lancée par l’Iran contre Israël, le 13 avril, Volodymyr Zelensky redouble d’amertume. « En défendant Israël », a-t-il déclaré, « le monde libre a démontré qu’une telle unité est non seulement possible, mais aussi efficace à 100%. La même chose est possible pour protéger l’Ukraine ».

On peut parfaitement comprendre Zelensky. Hier encore, à Tchernihiv, au nord de Kiev, une attaque russe a fait au moins 14 morts et une soixantaine de blessés parmi les civils. Tous les jours ou presque, la tactique du harcèlement russe frappe indistinctement des individus innocents, sans compter les destructions d’infrastructures essentielles.

La Russie, puissance nucléaire

Mais malgré ce cortège d’horreurs et de souffrances, on ne peut pas opérer si facilement un rapprochement entre le sort de l’Ukraine et celui subi par Israël. D’abord, parce que la Russie est frontalière de l’Ukraine, ce qui explique la fréquence des frappes et la difficulté de les déjouer. Ensuite parce qu’il il existe une volonté de reconquête territoriale des Russes, ce qui n’est pas le cas de l’Iran vis-à-vis d’Israël, Téhéran vise carrément l’anéantissement définitif d’Israël.

Enfin, et surtout, la Russie est une puissance nucléaire considérable, ce qui contraint les pays de l’OTAN à éviter à tout prix d’entrer dans une cobelligérance qui toucherait les intérêts vitaux russes. Pour autant, les Occidentaux ne peuvent pas se réfugier derrière ces arguments pour expliquer leurs retards de livraisons d’armes et de munitions, ou leur lenteur à voter des crédits en faveur de l’Ukraine.

Soyons réalistes : c’est la volonté politique réelle qui fait le plus cruellement défaut. Mike Johnson, le chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants américaine, a mollement promis un vote des crédits alloués à Kiev cette semaine, mais en diluant cette question dans le soutien financier américain apporté aussi à Israël et à Taïwan.

Un axe Moscou-Pékin-Téhéran

En réalité, la Russie n’est pas la priorité des Américains ; c’est la Chine qui est l’objectif principal. Il existe même de sérieuses raisons de penser que les Etats-Unis n’ont aucune envie de voir la Russie à terre, car la Chine ne profiterait aussitôt pour accroître son poids mondial.

Pourtant, c’est bien la Russie qui justifie l’attaque iranienne contre Israël, et Moscou et Pékin se sont donné la main pour estimer que l’Iran était en situation de légitime défense face à Israël. Si bien que l’agression menée par la Russie contre l’Ukraine apparaît maintenant comme l’acte préfigurateur d’un axe qui ne cesse de se renforcer entre Moscou, Pékin et Téhéran.

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De ce point de vue, l’Ukraine est donc une guerre matricielle et Volodymyr Zelenski a raison de dire que les missiles iraniens Shahed sonnent dans le ciel d’Ukraine de la même manière que ceux du Moyen-Orient.

Christian Makarian

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