La Chine veut devenir la 1ère puissance mondiale, pourquoi cette ambition est hors de portée

SIPANY/SIPA

Xi Jinping a ouvert hier le XXème congrès du parti communiste chinois. L’occasion pour le maître incontesté de Pékin de réaffirmer sa fermeté politique et d’afficher sa volonté de supplanter les Etats-Unis comme première puissance mondiale.

Selon Natixis, la dette chinoise représente 275% du PIB !

La Chine est aujourd’hui dans une impasse, et l’action de Xi Jinping en est en partie responsable. En fait, entre la fin des années 70 et le milieu des années 2010, le pays a fait de son développement économie une priorité absolue, avec le succès que l’on sait. En 40 ans, la Chine est devenue l’usine du monde et le premier marché de la planète dans de nombreux secteurs. Pour le plus grand profit de sa population. Mais ce modèle est en crise. La croissance y est devenue anémique – elle ne devrait pas dépasser les 3,2% cette année -, un jeune urbain sur cinq est au chômage et l’immobilier, véritable poumon de l’activité, est à bout de souffle.

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L’économie en Chine est victime de la toute-puissance de Xi Jinping

Deux choses expliquent cette crise de croissance. D’abord, un excès d’endettement, notamment au niveau des collectivités locales. Selon la banque Natixis, la dette chinoise représente 275% du PIB. Un véritable boulet qui pèse désormais sur la croissance et limite les espoirs de relance. Mais surtout, les choix politiques faits par Xi Jinping pour asseoir son pouvoir. La stratégie « zéro Covid », encore réaffirmée hier à la tribune du XXème Congrès, bride l’activité des entreprises et la consommation des ménages. De même, la reprise en main des grandes multinationales privées, tout particulièrement dans la Tech agit comme un frein à l’innovation. En clair, les libertés publiques ne sont pas les seules à faire les frais de la toute-puissance de Xi Jinping, l’économie en est également victime. Et le maître de Pékin, dont la reconduction pour un troisième mandat de cinq ans à la tête du pays ne fait pas de doute, ferait bien de s’en préoccuper, s’il ne veut pas que son agenda soit dicté par l’actualité économique.

François Vidal

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