Guerre au Moyen-Orient : « Ma famille est en Israël et est chaque jour sous les tirs des missiles iraniens » s’inquiète l’ambassadeur d’Israël en France

David Winter/Shutterstock/SIPA

Au septième jour de la guerre en Asie de l’Ouest, Israël dit entrer dans « une phase suivante » de ses opérations, tandis que les tensions débordent aussi sur le front libanais. Invité de la matinale de Radio Classique, Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, évoque les objectifs d’Israël face à l’Iran, sur le front libanais et sur le climat de sécurité en France, avec en toile de fond l’inquiétude pour ses proches restés en Israël.

À Paris, Joshua Zarka dit vivre la guerre avec l’angoisse des nouvelles venues d’Israël : « Ma famille, mes enfants, mes petits-enfants sont en Israël, tous. Et chaque jour sont sous les tirs des missiles iraniens ». Dans ces conditions, concède-t-il, « ce n’est pas simple […] de continuer à travailler normalement, ou semi-normalement », tant l’inquiétude s’impose au quotidien.

Interrogé sur les opérations israéliennes au Liban et les frappes à Beyrouth, l’ambassadeur veut « clarifier […] de la façon la plus catégorique possible » : « Nous ne sommes pas en guerre avec le Liban. » À ses yeux, le pays « a été pris en otage par cette organisation terroriste qui représente l’Iran ». Il rappelle que des messages ont été envoyés avant l’escalade : « Ne rentrez pas dans cette guerre, la réponse sera terrible. » Et revendique un ciblage strict : « La réponse est de tirer contre les intérêts du Hezbollah au Liban, pas contre les intérêts du Liban. »

La France appelée à « aider le Liban »

Sur l’initiative française au Liban, l’ambassadeur se montre favorable. « La France a un rôle à jouer, un rôle important », estime-t-il, pour aider Beyrouth à se « débarrasser » du Hezbollah. Les Forces armées libanaises, selon lui, « ne sont pas capables de le faire seules » et ont besoin d’une « assistance de la communauté internationale ». Israël, assure-t-il, « non seulement […] l’accepte, mais […] l’encourage ». Il fixe toutefois une limite : cette coopération « ne veut pas dire qu’on va se laisser faire quand le Hezbollah tire sur nous ». Concernant l’arrivée du porte-avions Charles de Gaulle, il renvoie aux « questions opérationnelles » gérées par les états-majors.

Sur la « phase suivante » annoncée par l’armée israélienne, Joshua Zarka entretient le flou : « Si je disais ce que cela signifie, ce serait par définition pas une surprise. » Il écarte une intervention terrestre : « Pour nous, elle n’a jamais vraiment été sur la table. » Israël, insiste-t-il, n’a « aucune intention d’envoyer des troupes sur le terrain », rappelant que l’Iran est à « 1 200 km » et que l’objectif n’est pas « d’envahir » ni de « prendre des territoires ».

Une succession sous tension à Téhéran

Alors que circule l’hypothèse d’une succession autour de Mojtaba Khamenei, l’ambassadeur juge que le régime temporise « par crainte qu’il devienne immédiatement une cible ». Mais il refuse toute projection sur l’après : « Ce n’est pas à nous de choisir qui sera le dirigeant des Iraniens. […] C’est aux Iraniens de choisir. »

Quant à l’idée d’un appui à des forces d’opposition, il dit ne pas chercher à « diviser le pays », mais à favoriser une convergence : « faire en sorte que toutes les forces d’opposition s’unissent afin de se débarrasser du régime ». À la question de la manière dont Israël pourrait « aider » les Iraniens, Joshua Zarka met en avant une stratégie indirecte : affaiblir l’appareil coercitif. Il affirme que des frappes ont visé « des bases du Basij » et « des bases des Gardiens de la révolution » pour permettre à la population de manifester « sans craindre de se faire massacrer », comme lors de précédentes répressions.

A lire aussi

 

Alors que le ministère de l’Intérieur annonce un renforcement de la protection, notamment autour des lieux de culte juifs, l’ambassadeur rappelle que l’Iran utilise le terrorisme « comme un outil ». Il reconnaît une menace persistante visant les diplomates israéliens : « Il y a une menace contre moi, contre mon ambassade […] qui existe toujours et qui aujourd’hui […] est accentuée. »

Daphnée Cataldo

Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale