Musique classique : Rivalités, amitiés, ruptures, 7 anecdotes sur les relations entre musiciens de légende

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Maria Callas et Renata Tebaldi étaient-elles réellement rivales ? La dispute entre Leonard Bernstein et Glenn Gould a-t-elle révélé une profonde mésentente ? Quels rapports avaient Saint-Saëns et Wagner ? Découvrez les liens d’amitié ou d’opposition entre ces célèbres musiciens. 

Callas et Renata Tebaldi, duel de divas

Tout au long de sa carrière, Maria Callas excelle aussi bien dans les vocalises légères que dans les rôles plus lourds de sopranos dramatiques. De son côté, Renata Tebaldi possède une magnifique voix de soprano lirico-spinto. En 1950, leurs relations se gâtent. Alors que Tebaldi tombe malade lors des représentations de Aida, à la Scala, elle est remplacée au pied levé par Maria Callas.

C’est le début d’une polémique attisée par la presse, opposant les amoureux de la voix expressive de Callas à ceux qui lui préfèrent la pureté de la voix de Tebaldi. La chanteuse italienne quitte la Scala en 1954, estimant qu’il « ne peut y avoir deux coqs dans le même poulailler ». Les deux femmes se réconcilient finalement en 1968, quand Callas jette l’éponge et applaudit sa collègue dans Adrianna Lecouvreur, de Francesco Cilea.

Leonard Bernstein et Glenn Gould, mais qui est le chef ?

La dispute entre le pianiste Glenn Gould et le maestro Leonard Bernstein est restée célèbre. Lors d’un concert donné le 6 avril 1962 au Carnegie Hall, le chef va publiquement remettre en cause le soliste, employant une réplique devenue fameuse : « Who’s the boss ? » .

À l’origine de la brouille, le tempo imposé par Glenn Gould dans son interprétation du Concerto pour piano n° 1 de Brahms, jugé beaucoup trop lent par Bernstein. Le public est d’abord intrigué, car il est rare de voir un chef d’orchestre exprimer son désaccord avec un musicien en plein concert, mais rapidement les rires envahissent la salle. En coulisses, une complicité unit les deux hommes. C’est en réalité une mise en scène, qui aurait d’ailleurs beaucoup amusé le pianiste. Retrouvez toute l’histoire ici.

Brahms et Joseph Joachim, l’amitié au service de la composition

Pianiste brillant, Brahms rencontre pour la première fois Joachim à Hanovre en 1852, et est ébloui par le talent du violoniste. De cette amitié fondée sur l’admiration mutuelle naît le Concerto pour violon, œuvre d’une intense puissance expressive et d’une grande virtuosité que Brahms compose pour et avec Joachim. L’œuvre rencontre un vif succès et fait l’objet d’élogieuses critiques.

Saint-Saëns et Wagner, de l’admiration à la rupture

Âgé de seulement 24 ans, Saint-Saëns ne passe pas inaperçu auprès du compositeur allemand. « À sa vélocité extraordinaire et à sa stupéfiante facilité à déchiffrer les partitions d’orchestre les plus compliquées, Saint-Saëns joignait une mémoire non moins admirable. Il exécutait par cœur toutes mes partitions, y compris celle de Tristan […] » confie Wagner dans Ma vie, son ouvrage autobiographique. De son côté, Saint-Saëns s’imprègne de l’œuvre du compositeur allemand.

Pourtant, dans les années 1880, il dénonce l’idolâtrie autour de la figure de Wagner, qui a fondé en 1876 son propre festival d’opéra : le Festival de Bayreuth. Saint-Saëns craint de voir une esthétique s’imposer comme la seule expression musicale valable. En 1885, dans un recueil intitulé Harmonie et Mélodie, Saint-Saëns reproche à Wagner un style qui s’est « compliqué de plus en plus, multipliant les notes sans nécessité, […] exigeant, à la fin, des voix et des instruments des choses en dehors du possible ». Pour en finir avec cette mise à distance, il publie à partir de l’année 1914 une série d’articles dans L’Echo de Paris, dans lesquels il rompt définitivement ses liens avec la musique de Wagner.

La Guerre de l’Opéra : Rameau et Rousseau face à face

C’est sur le terrain d’une querelle idéologique, la Querelle des Bouffons, que les deux hommes s’affrontent. Nous sommes en 1752, et deux camps intellectuels sont en désaccord quant à l’idée du Beau. Le compositeur Jean-Philippe Rameau est un défenseur de l’opéra à la française, tandis que le philosophe Jean-Jacques Rousseau lance avec sa Lettre sur la Musique française une bombe incendiaire à la face de l’opéra français en 1753. Il lui reproche une musique sans expression ni mélodie, et un langage peu agréable à écouter… et préfère l’opéra italien.

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L’Académie Royale demande à Rameau une riposte. Il s’emploie alors à rédiger plusieurs articles et ouvrages théoriques visant à décrédibiliser les articles de musique parus dans l’Encyclopédie et écrits par Rousseau. De plus, il révise son Castor et Pollux pour en faire une version plus intense et travaillée, et ainsi prendre une revanche esthétique sur le philosophe. Le succès est au rendez-vous, l’opéra rencontrant un accueil favorable, et assurant le legs musical de Rameau… assez pour en faire le vainqueur de cette querelle ?

L’amitié harmonieuse de Mozart et Haydn

24 ans les séparent, mais éblouissement et respect mutuels sont les terreaux de la naissance d’une belle amitié entre eux. Ils se mettent à jouer ensemble des quatuors, Mozart à l’alto, et Haydn au violon. En preuve de cette superbe entente, Mozart dédie six quatuors à son aîné, tandis qu’Haydn adhère à une loge maçonnique, certainement influencé par son ami autrichien. Leur amitié durera jusqu’à la disparition brutale de Mozart, à 35 ans en 1791.

Erik Satie et Debussy, entre complicité et franchise !

C’est à Montmartre que les deux musiciens se rencontrent, et partagent une amitié qui ne manque pas d’honnêteté. Une réplique d’Erik Satie est restée fameuse, au sujet d’un des chefs-d’œuvre de son ami Debussy, La Mer : « Mon cher Claude, dans le mouvement intitulé de l’Aube à Midi sur la mer, il y a un moment que j’ai trouvé particulièrement fascinant… entre 10h30 et 10h45 ».

François Pares

 

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