Eve Ruggieri publie ses mémoires chez Flammarion, intitulées Au cas où je mourrais. Dans ce volume extraordinaire et fourmillant, vous croiserez Vladimir Horowitz, Nina Simone, Herbert von Karayan et Luciano Pavarotti, né un 12 octobre.
Eve Ruggieri consacre au plus célèbre des ténors Luciano Pavarotti un chapitre de son livre : « Quand il chante, le soleil se lève sur le monde, écrivait Carlos Kleiber. Encore fallait-il parvenir à le capter, ce soleil qui avait enchanté le très prestigieux et très sélectif chef d’orchestre. J’appelais l’Amérique; il était au Japon. Je téléphonais à Tokyo, il venait de s’envoler pour Milan où l’on me déclarait que, hélas, il était parti pour Modène.
Une voix fraîche et diplomatiquement désolée, m’expliquait que je devais contacter son agent américain. J’en étais là de mes investigations laborieuses, lorsqu’un matin de l’année 1983, jetant un coup d’œil distrait par la fenêtre, je crois être victime d’une hallucination.
Luciano Pavarotti, en chair et en os
Là, sur le trottoir, de l’autre côté de l’Avenue Mozart, Luciano Pavarotti, feutre et pardessus noir, longue écharpe rouge, sort de l’immeuble qui fait face au mien. Mon premier réflexe, c’est de me frotter vigoureusement les yeux, persuadé que mon imagination est en train de me jouer un vilain tour.
Mais non, il est toujours là, avançant paisiblement, pas à pas. Et s’il disparaissait ! Je me jette dans l’escalier, traverse l’avenue dans une cacophonie de klaxons et de coups de frein indignés, et me retrouve devant lui en chair, beaucoup, et en os ».
Découvrez l’intégralité de l’émission de Franck Ferrand avec Eve Ruggieri :