12 décembre 1981 : le gouvernement polonais décrète la loi martiale et décide d’interner les militants du syndicat Solidarnosc. Le lendemain, les Polonais se réveillent dans un pays complètement à l’arrêt, en pleine glaciation même – au sens propre également, tant il faisait froid ce jour-là.
A l’époque, deux visages et leurs attributs particulier occupaient nos écrans de télévision : les lunettes noires du général Jaruzelski, qui dirige d’une main de fer la Pologne, et la moustache de Lech Walesa, son principal opposant, mais surtout le fondateur de Solidarnosc.
Fondée en août 1980, Solidarnosc était au départ une fédération de syndicats dirigée dès sa création par le futur président de la République de Pologne. Dans ce pays communiste, inutile de préciser que les regroupements de travailleurs n’étaient pas autorisés, à moins d’être affiliés au parti qui gouvernait.
Un syndicat soutenu par l’Eglise
Mais sur le chantier naval de Gdansk, Anna Walentynowicz fait fi des règles et crée un premier syndicat. L’opératrice des grues est immédiatement mise à la retraite, générant des grèves très importantes : 17 000 ouvriers du chantier s’arrêtent de travailler. Du jamais vu dans le bloc communiste à l’époque.
C’est par solidarité avec cette grève qu’est créée la fédération Solidarnosc contre le régime, avec le soutien de l’Eglise ! En 1980, le pape est polonais, ne l’oublions pas, et se nomme Karol Wojtyla, plus connu sous le nom de Jean-Paul II.
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10 millions de salariés finissent par rejoindre la fédération, un afflux qui joue un rôle très important dans la fragilisation du pacte de Varsovie – une alliance militaire regroupant les pays d’Europe de l’Est avec l’URSS. Le syndicat Solidarnosc est interdit de 1981 à 1983. Les grèves ne reprennent qu’à la fin du régime communiste, en 1988 et 1989.
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