Immobilier : Le nouveau DPE, cauchemar des propriétaires, ne serait pas fiable

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Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est pour les propriétaires une obligation légale. Face à la volonté de l’Etat de supprimer un maximum de passoires énergétiques, ce diagnostic s’avère décisif pour la conformité locative de certains biens. Alors, quand le magazine 60 millions de consommateurs révèle que les résultats varient énormément d’un professionnel à l’autre, la fiabilité du dispositif semble remise en cause.

Le DPE est devenu un cauchemar pour beaucoup de propriétaires

Le DPE, le diagnostic de performance énergétique, ce sigle de 3 lettres est devenu le cauchemar de beaucoup de propriétaires. En effet, bien que ce diagnostic soit relativement récent, une quinzaine d’années, les règles ont beaucoup changé, continuent à évoluer et se font toujours plus drastiques. Il est d’ailleurs arrivé ces derniers mois qu’il faille les corriger car elles étaient devenues inapplicables. À chaque fois, les personnes qui possèdent un bien potentiellement concerné doivent s’adapter. Les propriétaires doivent revoir leurs plans ou refaire un coûteux diagnostic pour être dans les clous car les contraintes associées sont fortes.

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Il faut d’abord rappeler ce qu’est le diagnostic de performance énergétique. Quand on achète un logement, il y a au milieu de la foule de documents échangés avec l’ancien propriétaire, une petite étiquette qui ressemble à celle visible sur les voitures ou les lave-linges. On y observe des couleurs, du vert au rouge, des lettres, allant de A à G et des chiffres. On y voit également des cases dédiées à la quantité annuelle d’énergie consommée, et à la quantité d’émissions de gaz à effet de serre produit par le logement. Cela implique donc de faire venir un diagnostiqueur qui va prendre tous les relevés de consommation énergétique (les facture de gaz et d’électricité) et inspecter minutieusement les caractéristiques de votre logement, avec des prélèvements et des tests techniques fait sur place.

 

Pour le même logement, les notes varient de B à D

Le problème est que l’association 60 millions de consommateurs a révélé le 24 mai un taux d’erreur de diagnostics très important. Pour cela elle n’a pas eu besoin de tester l’intégralité des acteurs de ce marché. En effet, le magazine a fait appel à 4 propriétaires de logements qui ont eux-mêmes sollicité 5 diagnostiqueurs. On remarque alors que les résultats varient énormément d’un diagnostiqueur à un autre. Une même maison peut être classée B par un professionnel, ou D par un autre, soit deux lettres d’écart. Fanny Guibert, chef de rubrique pour 60 millions de consommateurs, décrit des erreurs sur la superficie des logements, sur l’isolation, ou même sur la présence et le nombre de fenêtres.

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Or, dès le 1er septembre, les logements les plus mal classés (F et G), considérés comme passoires thermiques, ne pourront plus voir leur loyer augmenter. La suite du programme est encore plus sévère car les logements classés G ne pourront plus être loués dès 2025. En 2028 ce sera au tour des logement classés F. En juillet 2021, une récente réforme du DPE  visait à améliorer la fiabilité du dispositif. On peut dire que c’est raté. On pensait être les champions du monde des normes et de leur application pointilleuse. Pourtant, on se rend compte que cela n’est pas toujours le cas, et que pour une fois, c’est bien dommage.

François Geffrier 

Ecoutez François Geffrier (à partir de 0’30) :

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