Restaurateurs et assureurs : le bras de fer se poursuit

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Les conséquences de l’épidémie sont tous les jours décryptées dans la presse. Aujourd’hui, Libération publie un article sur le contentieux brûlant entre restaurateurs et assureurs, une lutte « à couteaux tirés ».

20 000 restaurateurs avaient contracté une assurance en cas de perte d’exploitation

Enquête ce matin dans le quotidien sur le secteur de le restauration entré en guerre, Covid oblige, contre les assureurs qui refusent parfois de les dédommager. 20 000 restaurateurs avaient contracté une assurance en cas de perte d’exploitation, explique le journal, et ils réclament d’être indemnisés aujourd’hui.

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Libération a interrogé Michel Troisgros, chef triplement étoilé, sorte de porte-parole du mécontentement. Il déclare : « mes relations avec mon assureur sont très anciennes. Je le considère comme un partenaire qui doit nous aider dans les moments difficiles. Et, précisément au moment où nous avons le plus besoin de lui, il n’est plus là ». Et à l’édito de renchérir: « s’il est une profession qui a été épargnée par les dommages financiers du confinement. [..] c’est bien l’assurance. Quand la vie se déroule au ralenti, les dommages corporels se limitent à des coups de marteau sur les doigts, fini les accidents de la route et les cambriolages ».

Les assureurs pourraient jouer la montre

Le bras de fer se poursuit, et les services juridiques des deux parties font l’exégèse des contrats, sur fond de notes de bas de pages. Entre ce que l’on lit, ce que cela veut dire, et ce qu’il faut comprendre, il y a des divergences. Par exemple, si le mot «pandémie» n’est pas stipulé, est-ce que cela signifie que l’assuré n’est pas couvert ? C’est tout le débat. Les restaurateurs se demandent également si les assureurs ne jouent pas la montre, car au bout de deux ans, une demande d’indemnisation est jugée caduque. Les Tribunaux de commerce sont submergés et les relations entre restaurateurs et assureurs sont extrêmement tendues, raconte l’article. La situation n’est pas près de changer.

Victoire Faure 

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