Alors que la natalité continue de chuter en France, le gouvernement veut réformer le congé parental afin de permettre aux futurs parents de mieux concilier vie familiale et professionnelle.
L’Insee l’a confirmé hier, les naissances ont encore baissé de 7% depuis janvier, alors que 2022 avait déjà été la pire année depuis la 2nde Guerre mondiale. De quoi mettre la pression sur le gouvernement, qui promet de muscler l’offre de garde d’enfants, en revalorisant les professionnels. Et de quoi accélérer la réforme du congé parental, promise par Aurore Bergé dès son arrivée cet été au ministère des Solidarités.
L’idée est simple : proposer un congé plus court mais mieux rémunéré. Aujourd’hui, le congé parental (à ne pas confondre avec le congé maternité ou paternité) peut durer jusqu’à 3 ans, ce qui éloigne les femmes du marché du travail, l’indemnisation atteignant à peine 430 euros par mois. La réforme de 2014 qui visait à ce que les pères s’arrêtent aussi a complètement échoué. Moins de 1% le font. Et globalement, le nombre de bénéficiaires a été divisé par deux.
Elisabeth Borne va devoir trancher
Les arbitrages ne sont pas rendus, mais le gouvernement envisagerait de réduire le congé à 4 mois, pour chacun des parents. Ce qui permettrait, en alternant, de couvrir une bonne partie de la première année de l’enfant, la plus cruciale. Avec une indemnité non plus forfaitaire mais proportionnelle au salaire, on parle de 50%, et plafonnée autour de 2.000 euros. Cela permettrait d’élargir nettement le public intéressé.
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Enfin pour parer aux critiques, le congé actuel resterait une option possible. Quant au calendrier, la réforme ne figure pas dans le budget 2024 de la Sécurité sociale, mais elle pourrait être ajoutée par amendement, à condition de régler la question du financement. Car selon le succès du dispositif, le coût atteindrait très vite plusieurs centaines de millions d’euros. Et l’état des finances de la France n’est pas brillant. C’est désormais à Matignon de trancher.