Et si on parlait français ? s’intéresse aux spécificités de la langue française au sein de la cité phocéenne, grâce au livre du linguiste Médéric Gasquet-Cyrus, Ça se dit comme ça à Marseille, publié aux éditions Le Robert.
« Oh Bonne Mère ! », une référence au plus célèbre monument de Marseille
La Bonne Mère, c’est le surnom de Notre-Dame de la Garde, la Vierge à l’Enfant qui veille sur la ville depuis sa colline. Médéric Gasquet-Cyrus précise qu’elle protège tous les Marseillais, croyants ou non. D’où le « Oh Bonne Mère ! » quand on est surpris. Et au Stade Vélodrome, les supporters de l’OM chantaient qu’elle était avec eux les jours de chance.
« Belle bordille », une insulte imagée
Autre mot emblématique : les bordilles. Elles désignent les ordures. Au sens figuré, une bordille est une personne méprisable. Par ironie, on dit « belle bordille », voire « bordillasse ».
Le déroutant « dégun » vient du provençal
Et puis il y a « dégun », sans doute le mot le plus déroutant pour un non-Marseillais. « Il y a dégun ici » veut dire qu’il n’y a personne. Le mot vient du provençal et, plus loin, du latin nec unus, qui signifie « pas un ». L’italien nessuno et le portugais ninguém ont la même origine.
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« On craint dégun », c’est le slogan identitaire de la ville. Le groupe IAM l’a placé au début de Je danse le mia.
Le « gâté », une référence au chat !
Enfin, on dit « le gâté » ou « la gâtée ». Le gâté, c’est le câlin : « Viens faire le gâté à maman. » Avec un ami ou un petit ami, on dira aussi : « Ça va, mon gâté ? »
Le mot vient de l’occitan gatet, « petit chat », et il est entré au Petit Robert en 2021 avec ce sens. Le rappeur Jul l’a fait connaître partout avec son titre En bande organisée.
Karine Dijoud
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