Immobilier : « Coup de cœur », « bien atypique », 15 expressions trompeuses qui doivent vous alerter

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Chaque profession a son langage spécifique. En ce qui concerne l’immobilier, les figures de style d’exagération et d’atténuation sont de mise. Un décryptage des annonces immobilières s’impose pour éviter les mauvaises surprises.

 

Le « nid douillet » figure en première position. Ces termes sont réconfortants, mais il suffit de regarder les oisillons dans un nid pour tout comprendre : ils sont serrés les uns contre les autres.

Il faut également se méfier du « coin nuit », qui signifie qu’il n’y a pas de chambre, mais un simple canapé convertible. De même pour le « coin bureau » : il ne s’agit pas d’une pièce à proprement parler, mais d’un bureau — le meuble — placé dans un coin. Quant à la mention « pas de perte de place », elle indique que chaque espace est optimisé, justement par manque de place. Plus il y a de « coins », plus le logement est petit.

En immobilier, se méfier des mots qui indiquent que le logement est petit

Attention également aux diminutifs se terminant par « ette », comme « coquette » ou « studette ». Comme l’indique judicieusement Philippe Vandel dans son Dico Français-Français, il n’est jamais bon signe de trouver ces termes. Ainsi, une « courette » est une cour minuscule. Une « kitchenette » désigne une cuisine de poche. Pire encore, le « coin kitchenette » sera constitué d’un frigo de la taille d’un minibar d’hôtel, rehaussé d’une plaque de cuisson. La « studette » est un mini-studio.

Et comme le souligne Patrick Timsit dans un sketch au sujet des annonces immobilières : « Coquette studette, c’est carrément la maison des Schtroumpfs. »

Attention aux pièges derrière les termes enthousiastes

« Idéal investisseur » signifie que personne n’aura envie d’acheter ce bien pour y vivre. « Coup de cœur » : l’agent immobilier espère secrètement qu’un acheteur sera suffisamment ébloui pour acquérir ce bien surévalué, car c’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas.

Le « bien atypique » cache généralement un logement bas de plafond et biscornu. Quant aux injonctions enthousiastes comme « à saisir » ou « faire vite », elles doivent alerter : si le bien était si exceptionnel, il serait déjà vendu.

Les phrases à surveiller durant la visite immobilière

Méfiez-vous de toutes les formules qui jouent sur le champ lexical de la vérité et de l’honnêteté : « on ne va pas se mentir », « pour être honnête », « je ne vous cache pas que ». Pourquoi insister sur la franchise si ce n’est pour masquer certaines réalités ?

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Sachez également qu’un agent immobilier désireux de vendre répondra « oui » à toutes vos questions. Peut-on casser le mur ? Oui. Faire une piscine ? Oui. Intervertir toutes les pièces ? Oui. Vous confier le chat pendant les vacances ? Oui.

Cette caricature, légère mais révélatrice, permet de mieux décoder le langage fleuri de l’immobilier et d’aborder ses recherches avec un œil plus avisé.

Karine Dijoud

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