Exposition : Christian Louboutin l’exhibition[niste] au Palais de la Porte Dorée à Paris

Son nom propre est devenu un nom commun ! Partout dans le monde, dans la galaxie mode, on dit des Louboutin pour évoquer ses iconiques escarpins à la semelle rouge. Christian Louboutin est à l’honneur pour une expo intitulée Louboutin l’exhibition[niste] au palais de la Porte dorée à Paris.

Christian Louboutin a grandi dans le 12ème arrondissement de Paris

Le choix du lieu ne doit rien au hasard. C’est au Palais de la Porte dorée, joyau art déco de la Capitale que la carrière de Louboutin, magicien de la chaussure a commencé. A cause d’un dessin, tout simplement. Christian Louboutin (né il y a 57 ans) a passé son enfance dans le 12ème arrondissement à deux pas de ce qui était autrefois le Musée des arts Océaniens et Africains, construit en 1931 pour abriter outre les aquariums, des objets des colonies françaises : ses tissus, ses masques, ses statues, ses objets magiques et inexplicables que le petit garçon qu’il était ne se lassait pas d’admirer…

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Mais vers 10 ans voilà qu’il remarque un panneau : un soulier au talon pointu barré d’une croix rouge. C’est simplement un panneau de signalétique des années 50 qui stipule qu’il est interdit de porter des talons haut. Les talons d’alors avaient un petit bout métallique susceptibles d’abîmer sans retour les Mosaïques superbes qi ornent le sol du Palais. Mais l’enfant n’y voit qu’une chose : on peut dessiner ce qui n’existe pas. Il va dessiner et redessiner ce soulier, au talon vertigineux, à la cambrure affolante. Qui est celle par qui tout a commencé. Quand il s’est agi de célébrer ses 30 ans de carrière, c’est donc au Palais de la Porte dorée qu’il a pensé immédiatement.

 

Les talons des Louboutin vont jusqu’à 18 cm !

Que voit-on ? Des souliers. A l’infini. Les Nudes couleur de peau, pour mieux continuer à déshabiller la jambe. Des trucs en plume, en peau, en fête, en peau de maquereau. Du temps où Louboutin bricolait en facétieux dans sa chambre de bonne avant de connaître la gloire. Ses chaussures ont des noms de starlettes glamour, et on Effervescence des années 80 où le monde est encore léger. C’est beau, c’est haut parfois jusqu’à 18 cm…

 

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Louboutin met en scène également les différentes étapes de la confection de ces chaussures de fantasme. Au travers de vidéos, de la découpe du tissu, à la peinture à la main de la semelle rouge. Elle est née en 1992 d’une intuition géniale. Il avait dessiné un soulier avec une fleur en référence aux Flowers d’Andy Warhol, mais n’était pas satisfait du prototype. Il aperçoit une collaboratrice qui se fait les ongles, pique son vernis et peint la semelle noire en rouge. Ça va devenir sa signature.

 

Une scénographie pop, kitch belle et ludique, pleine d’humour et de fête.

On voit par exemple un soulier de cristal géant sur un gigantesque palanquin, décoré de broderies indiennes. Des vitraux dessinés par le créateur lui-même (dans ce palais où il a découvert des arts décoratifs et des arts appliqués. Un palais du Bouthan, digne des Mille et une nuits, où sont projetées des vidéos. Pour nous faire voyager dans son imaginaire, Louboutin a tenu à exposer en plus des chaussures, des œuvres. Tous ces motifs qui sont venus constituer un répertoire inconscient de formes, de couleurs, de textures. Coexistent des Statuettes hopi, des Pierre et Gilles, à Helmut Newton. Et même des photos fétichistes du cinéaste David Lynch, qui avait commandé à Louboutin pour cette série des chaussures qui ne permettent pas de marcher. Ni a fortiori de s’enfuir. Le pied, on le sait depuis Cendrillon, est un inépuisable objet de fantasme et de désir…

 

Elodie Fondacci

 

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