« Non, je ne l’inviterai pas à dîner » : Angela Merkel dénonce l’attitude de la soprano russe Anna Netrebko

SPD/HSS/WENN.COM/SIPA

Dans sa première interview depuis son retrait de la vie politique, Angela Merkel affirme qu’elle ne regrette rien à propos de la politique allemande à l’égard de l’Ukraine même si elle condamne l’intervention militaire russe. L’ex-chancelière estime par ailleurs qu’il ne faut pas boycotter les artistes russes qui ont pris leurs distances vis à vis du Kremlin mais réprouve l’attitude d’Anna Netrebko.

Angela Merkel : « Elle a déjà fait des choses que je condamne absolument »

Six mois après son retrait de la vie politique Angela Merkel a accordé son 1er entretien média à un journaliste du Spiegel. Interrogée sur sa position vis à vis du conflit en Ukraine, l’ancienne chancelière allemande a clairement condamné l’agression russe mais a rejeté toute accusation de complaisance à l’égard de Moscou ajoutant, à propos de ses réticences à l’encontre du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’Otan entamé en 2008 : « je ne vois pas la nécessité de dire que c’était une erreur, donc je ne m’excuserai pas ».

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Grande amatrice de culture russe et d’opéra, Angela Merkel s’est exprimée sur le boycott des artistes russes qu’elle condamne. « Je ne pense pas que nous devrions interdire la culture russe maintenant. Nous devrions voir qui soutient ce que fait Poutine et qui ne le fait pas » a-t-elle précisé. Une clémence qui ne concernerait pas Anna Netrebko, à propos de laquelle Angela Merkel a déclaré : « non, je ne l’inviterai pas à dîner. Politiquement, elle a déjà fait des choses que je condamne absolument » sans donner plus de précisions.

Angela Merkel a pourtant toujours été « fascinée » par Anna Netrebko

L’ex-chancelière a pourtant toujours été une grande admiratrice d’Anna Netrebko. Admiration qu’Angela Merkel avait pu lui exprimer directement lors d’une remise de prix en 2010 à Baden-Baden au cours de laquelle la soprano russe avait fait un discours. Angela Merkel avait alors déclaré : « en Allemagne, nous sommes fascinés par elle et son art. Quand je l’ai vue et entendue dans La Traviata à Salzbourg puis ailleurs, j’ai toujours été fascinée. Vous pouvez voir qu’à nous deux le Seigneur a attribué les talents différemment », précisant qu’elle la suivait depuis ses débuts en 1995 aux États-Unis à San Francisco.

Philippe Gault

 

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