Mozart : Un manuscrit inédit découvert grâce au travail minutieux d’un conservateur de la BnF

Crédit : Élie Ludwig/BnF

Un cahier de composition de Wolfgang Amadeus Mozart, manuscrit autographe comprenant sept pièces pour harpe et flûte, a été retrouvé par un conservateur de la Bibliothèque nationale de France (BnF) à Paris. Ces morceaux inédits ont été joués pour la première fois lors de la Fête de la musique.

C’est une rare découverte : un cahier de composition de WA Mozart, sept pièces pour flûte et harpe et des leçons qu’il donnait à la duchesse de Guînes, a été retrouvé grâce à la persévérance d’un conservateur de la Bibliothèque nationale de France. Son trésor : un manuscrit autographe de Wolfgang Amadeus Mozart, une « découverte majeure reconnue par les spécialistes » selon l’institution. « J’étais loin de me douter de ce que j’allais trouver », confie François-Pierre Goy, conservateur au département de la musique de la BnF.

Ce cahier recèle une douzaine de leçons de composition, des exercices donnés quotidiennement, de mai à juillet 1778, par le compositeur autrichien à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes, excellente harpiste, fille du duc de Guînes, lui-même flûtiste renommé, explique François-Pierre Goy.

ⒸJérémy Halkin/ BnF

Ses quarante-quatre pages comprennent également sept pièces pour flûte et harpe, dont la dernière est inachevée. Cette découverte renseigne « sur le jeune professeur Mozart, en dialogue avec son élève », la duchesse de Guînes, qui était sa première élève connue dans la composition, relève Gilles Pécout, président de la BnF.

L’expertise du Mozarteum de Salzbourg a confirmé l’authenticité du document

Début février, François-Pierre Goy, qui a un goût particulier pour les manuscrits anonymes, ces « mal-aimés », ouvre ce petit cahier « qui ne paie pas de mine », sans titre, parmi une vingtaine d’autres qu’il a l’intention d’examiner avant son départ prochain à la retraite, raconte-t-il. « Il se trouve que dans les semaines précédentes, j’avais eu à regarder des manuscrits pédagogiques de Mozart ». 

Parcourant les notes et les portées, certains éléments « caractéristiques » de l’écriture l’interrogent: d’abord ces accolades – symbole graphique qui regroupe plusieurs lignes de portées sur une partition – comportant deux traits obliques.

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Puis « les clés de sol assez arrondies un peu inclinées vers l’avant » ou encore « la clé de fa » faite dans le sens inverse de la façon de la représenter en France. « Est-ce que ça ne pourrait pas être lui ? », se demande alors François-Pierre Goy. Des comparaisons avec d’autres autographes numérisés, le papier utilisé, français, ou encore le fait que le cahier comporte les mêmes estampilles qu’une copie française du Concerto pour flûte et harpe de Mozart commandé par le duc de Guînes, vont dans le sens de son intuition.

L’avis d’une musicologue puis l’expertise fin avril du Mozarteum de Salzbourg, ville natale du musicien, viendront confirmer l’authenticité du document et de son origine.

Le manuscrit de Mozart sera présenté dans le musée de la Bibliothèque nationale de France

Ce manuscrit fait partie de deux paquets de musique confisqués au domicile du duc de Guînes en 1794 lors de la Révolution française, entrés dans les années suivantes à la Bibliothèque, selon la BnF.

Pour les musiciens harpistes et flûtistes, qui ont « assez peu de répertoire » à leur disposition, c’est une découverte « inespérée », relève Mathias Auclair. « Et miraculeusement, arrivent sept nouveaux morceaux à jouer ! ».

Les pièces exhumées ont été jouées pour la première fois ce dimanche à la BnF, à l’occasion de la Fête de la musique, interprétées par deux musiciens de l’Orchestre philharmonique de Radio France, Mathilde Calderini (flûte) et Nicolas Tulliez (harpe), devant un public d’invités qui ont pu découvrir, en avant-première le manuscrit original avant qu’il soit présenté dans le musée de la Bibliothèque.

Philippe Gault (avec AFP)

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