Mort du grand ténor wagnérien Stephen Gould à 61 ans

Stephan Trierenberg/AP/SIPA

Atteint d’un cancer incurable contre lequel il luttait depuis des mois, Stephen Gould est mort à l’âge de 61 ans le 19 septembre. Surnommé l’« Iron Man » de Bayreuth, le ténor américain s’était produit plus d’une centaine de fois lors du festival wagnérien.

Le 5 septembre, Stephen Gould publiait sur son site ce terrible message « J’ai attendu la fin du festival de Bayreuth pour ne pas entraver les efforts formidables et héroïques déployés par l’équipe de cette année 2023 (…) On m’a diagnostiqué un cancer des voies biliaires avec complications. Il s’agit du Cholangiocarcinome, une maladie mortelle avec une évolution de plusieurs mois à 10 mois. Il n’y a pas de remède ! ».

2 semaines plus tard, l’issue fatale s’est confirmée et le ténor « héroïque » (Heldentenor) s’est éteint à Chesepeake dans en Virginie, l’État où il était né il y a 61 ans. L’évolution de sa maladie l’avait contraint à annuler sa participation au festival de Bayreuth où ce spécialiste du répertoire Wagnérien s’est produit plus de 100 fois depuis 2004.

Le Staatsoper lui a dédié une représentation de Tristan und Isolde

Depuis la disparition de Stephen Gould, qui avait débuté par la comédie musicale en tant que baryton jusqu’en 1989, les hommages à sa carrière et à sa personnalité hors du commun se multiplient. « Avec lui, le Festival de Bayreuth et le monde de l’opéra tout entier perdent un chanteur, un interprète, un pédagogue, un ami et un collègue estimé hors pair », a réagi la direction du festival allemand.

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La mezzo-soprano russe Ekaterina Gubanova gardera en mémoire « Un homme formidable, un collègue fantastique, un summum absolu de professionnalisme et parfois un gars étonnamment et outrageusement drôle. Cher Stephen, tu vis dans nos cœurs ».

Au Staatsoper de Vienne, qui lui a dédié la représentation de Tristan und Isolde de Richard Wagner du 20 septembre, Bogdan Roscic, le directeur de l’institution, a déclaré : « Quiconque a pu le découvrir en Siegfried, son rôle le plus chanté à l’Opéra de Vienne, en Empereur dans Die Frau ohne Schatten (Richard Strauss, ndlr) ou en Tristan a aussi été ému par l’expressivité de sa voix, sa musicalité, tout comme son engagement scénique et musical ».

Philippe Gault

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