L’IA peut composer des morceaux de musique : Les auteurs compositeurs en danger ?

Chris Jackson/Getty Images/Shutt/SIPA

En quelques clics, une intelligence artificielle peut désormais composer un morceau de musique pop ou électro, avec refrain et couplets. Les résultats sont de plus en plus probants et cela inquiète les auteurs compositeurs.

D’ici 2028, les auteurs et compositeurs pourraient perdre près de 30% de leurs revenus à cause de l’IA, d’après une étude menée par la Sacem, la société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Il y a bien sûr les deepfake qui imitent la voix d’un chanteur, mais ce qui inquiète surtout le secteur, ce sont ces musiques totalement artificielles, créées de toutes pièces à partir de milliers d’œuvres. En avril dernier, 200 musiciens, dont Katy Perry et Elvis Costello avaient signé une lettre ouverte pour exprimer leurs craintes.

Selon cette étude de la Sacem, 7 musiciens sur 10 ont peur de ne plus vivre de leur métier à cause de l’intelligence artificielle. On pourra toujours créer, mais on aura moins de commandes, anticipe l’auteur-compositeur Benoit Carré. Alors que la création de musiques pour les publicités est « une vraie source de revenus pour les musiciens », il redoute la possibilité pour les boîtes de production de « faire leur marché sur les plateformes », et de générer de la musique à partir de descriptions textuelles.

Un partage de revenus à venir entre les créateurs et l’IA ?

Aujourd’hui l’IA s’entraîne sur des créations bien humaines, mais leurs auteurs ne sont pas indemnisés. Cela devrait bientôt changer, indique Cécile Rap-Veber, la directrice générale de la Sacem : « Nous avons été la première société au monde à exercer notre droit d’opposition à l’entraînement des intelligences artificielles sur le répertoire de la Sacem. Jusqu’à présent, elles étaient autorisées à s’entraîner sans rien nous demander. Effectivement, il faut qu’on détermine ensemble le modèle de rémunération. Cela devrait être un partage de revenus entre les créateurs et l’IA ».

A lire aussi

 

Mais il y a encore beaucoup de hors-la-loi, soupire la directrice. Des générateurs de musique artificielle continuent à entraîner leur modèle sur des sons sans autorisation. En cas de procès, il est quasiment impossible d’identifier les oeuvres utilisées.

Zoé Pallier

Retrouvez l’actualité du Classique