Selon une enquête du Figaro, les délégués du ballet de l’Opéra National de Paris demandent la suppression du concours de promotion interne des danseurs. Pour la première fois cette année, cet examen annuel, qui permet aux danseuses et danseurs d’accéder au grade supérieur dans la hiérarchie du corps de ballet, a été en partie ajourné.
Depuis 1860, chaque année, a lieu au Palais Garnier le traditionnel concours de promotion interne qui permet aux danseuses et danseurs de l’Opéra National de Paris d’accéder au grade supérieur : de quadrille à premier danseur en passant par coryphée et sujet. Le grade ultime d’étoile est attribué sur recommandation du directeur de la danse et du directeur.
Pendant cet examen solennel, en public, chaque danseur présente une variation imposée classique et une variation de son choix devant un jury de 10 personnes, composé du directeur de la danse, de son maître de ballet adjoint, du directeur de l’Opéra, de deux personnalités extérieures et de cinq danseurs du ballet.
Un cérémonial unique dans le monde de la danse classique alors que dans les autres grandes compagnies comme celle du Bolchoï ou de la Scala de Milan, c’est le directeur de la danse qui décide seul de la promotion des danseurs.
Benjamin Millepied estimait que ce concours mettait les danseurs « dans un état de stress absolu »
C’est cette tradition que remettent en cause les délégués du ballet de l’Opéra National de Paris qui ont sondé les danseurs concernés, notamment les quadrilles et les coryphées. Le Figaro rappelle que déjà en 2014, Benjamin Millepied, lors de sa prise de fonction en tant que directeur de la danse, avait estimé que « ce concours qui n’est pratiqué dans aucune autre compagnie du monde met les danseurs dans un état de stress absolu ». Une position partagée par Laurent Hilaire, qui fut maître de ballet adjoint.
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À l’opposé, l’ancien danseur Bruno Bouché, aujourd’hui directeur du Ballet de l’Opéra national du Rhin se rappelle que « les toutes premières années, quand j’étais quadrille ou coryphée, noyé dans la masse des 150 danseurs du ballet, j’étais heureux de cette occasion : elle me permettait de progresser et de montrer tout mon potentiel et mon engagement sur scène ». Tandis que Brigitte Lefèvre, ancienne directrice de la danse, estime que ce concours permet de « repérer des artistes que l’on n’avait pas vus (…) Ça donne des idées pour les distribuer ».
Seul le concours des quadrilles a été maintenu cette année
La balle est désormais dans le camp d’Alexander Neef, le directeur de l’ONP et de José Martinez, le directeur actuel de la danse qui se sont donné pour mission de « définir, avant le 1er juin 2025, des modalités pérennes de promotion assurant l’équité et la diversité des parcours au sein du Ballet de l’Opéra de Paris ».
En attendant, seul le concours pour les quadrilles (1er échelon) a été maintenu cette année. Il se déroulera le 16 novembre. Les modalités de promotion des coryphées et sujets au grade supérieur seront, selon les responsables de l’ONP, « définies par la direction, en étroite concertation avec les représentants des danseurs, d’ici au 15 décembre 2024″.
Philippe Gault
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