Musique classique : Peur d’être enterré vivant, manies vestimentaires, 6 choses que vous ne saviez pas sur les compositeurs

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Une relation épistolaire mystérieuse entre Tchaïkovski et une veuve très riche, le plan ourdi par Berlioz pour commettre un double meurtre, ou encore la terre qui tremble le jour de la naissance d’un génie du baroque, autant d’anecdotes qui entourent la vie de vos compositeurs préférés. Découvrez 6 faits à peine croyables sur ces célèbres musiciens.

1 – Chopin craignait d’être enterré vivant 

Frédéric Chopin souffrait de taphophobie, autrement dit : la peur d’être enterré vivant ! Une angoisse qui le hanta toute son existence, au point qu’il demandât même à ce qu’une fois mort, on lui retire le cœur pour s’assurer qu’il ne se réveille plus.

ALIK KEPLICZ/AP/SIPA

Ainsi, après des funérailles à l’Eglise de la Madeleine, et un enterrement au cimetière du Père-Lachaise, c’est sa sœur Ludwika qui s’est chargée d’apporter clandestinement son cœur, scellé dans un flacon rempli d’alcool, en Pologne, où celui-ci demeure encore à l’église Sainte-Croix de Varsovie. Ainsi, la dépouille du grand pianiste est séparée : le corps en France et le cœur dans son pays natal !  

2 – Vivaldi : La terre a-t-elle tremblé à Venise le jour de sa naissance ? 

Antonio Vivaldi est né dans des conditions difficiles… Sorti prématurément du ventre de sa mère, il est venu au monde dans un état de santé précaire, avec des problèmes respiratoires, qui l’accompagneront tout au long de sa vie.

Mais ce n’est pas la seule épreuve qui a accompagné la naissance du célèbre compositeur. En effet, la rumeur relate qu’il aurait vu le jour alors que Venise était ébranlée par de vives secousses sismiques !

D’importantes secousses sismiques à Venise au 17ème siècle

Il est vrai que la Vénétie est régulièrement sujette à des légers séismes, plusieurs biographes l’attestent. Pourtant, l’année de naissance de Vivaldi, 1678, n’est pas marquante pour la sismologie. Le scientifique français Alexis Perrey a compilé, dans son Mémoire sur les tremblements de terre de la péninsule italique, les dates importantes où la péninsule italienne connut d’importants épisodes sismiques : si 1660, 1667 ou 1670 y sont bien recensées, il n’en est rien pour 1678 ! Alors, simple légende ou réalité ? L’idée séduisante selon laquelle le compositeur des Quatre saisons est né malgré les aléas de Dame Nature reste un mystère…

3 – Ravel avait des manies vestimentaires 

Maurice Ravel était de santé fragile : de petite taille et chétif, le compositeur français n’en était pas moins élégant. Il savait compenser cette apparence par une discipline vestimentaire dès plus strictes, où chaque tissu, motif, était méticuleusement choisi. Une de ses proches amies, Marguerite Long, en témoigne : « Sa toilette est toujours très étudiée et il a un penchant pour les belles cravates dont le choix fait l’objet de discussions sans fin. Les chaussures, les pochettes l’inquiètent beaucoup ».

Il s’avère que cette élégance naturelle était une manière pour Ravel de se dissimuler, d’adopter un mode de vie rangé, afin de lutter contre son esprit d’artiste tourmenté, qui cherchait à capter les moindres détails, beautés et harmonies de la nature. On saisit mieux la profonde sensibilité artistique du compositeur !  

4 – Berlioz a voulu se déguiser en femme pour assassiner sa fiancée 

Hector Berlioz a failli commettre l’irréparable, à la suite d’un chagrin d’amour. Alors qu’il s’était installé à la Villa Médicis à la fin de l’hiver 1831 pour assurer aux parents de sa promise, la pianiste Camille Moke, un bel avenir économique, il se retrouve rapidement sans nouvelles ! Craignant qu’il lui soit arrivé malheur, il regagne la France. Mais durant son voyage, il apprend que Camille s’est en fait mariée avec un autre : le facteur de pianos Camille Pleyel.

Berlioz a envisagé de se travestir pour tuer son ex-fiancée

Aveuglé par le chagrin et la haine, Berlioz met au point un plan machiavélique, qu’il relate dans ses mémoires : se déguiser en femme pour ne pas être reconnu, dissimuler sous sa robe une arme et assassiner son ex-future femme et son ex-future belle-mère avant de se donner lui-même la mort. Il se ravisera finalement, préférant rejoindre sa famille à Nice, où, émerveillé par les beautés de la Côte d’Azur, il pansera ses plaies amoureuses.  

5 – Tchaïkovski et son lien étrange avec une veuve fortunée

La liaison entre Tchaïkovski et Nadejda von Meck s’est mal terminée. Il faut dire qu’elle était étonnante : pendant 14 années, le compositeur a entretenu une correspondance épistolaire avec la baronne, en échange d’une rente annuelle de 6000 roubles ! Veuve, elle lui avait commandé une marche funéraire en l’honneur de son époux décédé, Karl von Meck, suivie de quelques arrangements pour violon et piano destinés à ses enfants.

Tchaïkovski a dédié sa Symphonie n°4 à la baronne von Meck

Cette relation prend fin en 1890, lorsque la baronne arrête de verser la rente annuelle à Tchaïkovski, lui reprochant notamment d’avoir eu un comportement intéressé et particulièrement exigeant en matière de versements, ce dont le compositeur s’est toujours défendu.

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Il est vrai que cette somme était bien utile à ce dernier, lui permettant de se sortir d’une situation financière précaire et de composer à sa guise pendant ces 14 années.

Un intérêt pécuniaire qui n’exclura pas la gratitude du compositeur, celui-ci manifestant sa profonde reconnaissance pour sa bienfaitrice en lui dédiant sa Symphonie n°4 

6 – Liszt a été un abbé à la fin de sa vie 

C’est une énième désillusion amoureuse qui pousse Franz Liszt à rejoindre les rangs de l’Eglise. À 53 ans, le compositeur, qui avait le talent de déclencher l’hystérie des foules venant le voir jouer, décide d’adopter la tonsure et la soutane pour épouser une vie plus mystique. Ce choix est le résultat d’un long chemin de croix pour Liszt, marqué par une série d’errances et de drames familiaux : décès de son père, amours déçues, ultime peine de cœur avec la princesse de Sayn-Wittgenstein, avec laquelle il devait se marier.

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Néanmoins, cette volonté de devenir abbé ne sera pas pour le musicien une manière de s’éloigner de son art, mais lui permettra au contraire de renouveler son répertoire en approfondissant davantage le registre sacré tout en continuant l’écriture d’œuvres profanes comme des études pour piano et œuvres pour piano seul ! 

François Pares et Clément Serrano 

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