Le violon préféré de Paganini passé aux rayons X

Crédit : ESRF Grenoble

Le violon favori de Niccolò Paganini, Il Cannone du luthier Guarneri, a fait l’objet d’une analyse poussée aux rayons X afin de scruter son état de conservation et mieux comprendre ce qui en fait un « instrument exceptionnel », a indiqué le Synchrotron de Grenoble.

Pendant deux jours, les 9 et 10 mars, une équipe du Synchrotron européen de Grenoble (ESRF), un accélérateur de particules de quatrième génération, a passé aux rayons X l’instrument favori du violoniste et compositeur italien Niccolò Paganini. Surnommé Il Cannone (Le Canon), ce violon a été fabriqué en 1743 par le célèbre luthier de Crémone Giuseppe Bartolomeo Guarneri del Gesù.

Cette étude scientifique, initiée par le musée de Gênes, où est conservé l’instrument depuis 1851, et le Concours Paganini, a pour principaux objectifs de mieux comprendre l’état de conservation du violon et permettre sa mise en valeur à travers une « analyse non destructive » telle qu’a pu la pratiquer l’ESRF de Grenoble

Il Cannone de Paganini est assuré à hauteur de 30 millions d’euros

La technique utilisée, appelée micro-tomographie à rayons X, a été testée à l’avance sur deux autres violons par sécurité. Elle offre la possibilité de reconstruire une image 3D du violon jusqu’au niveau de la structure cellulaire du bois, avec la possibilité de zoomer localement n’importe où jusqu’à l’échelle micrométrique.

Pendant l’analyse, l’instrument, assuré à hauteur de 30 millions d’euros, était enfermé dans un tube de verre posé sur une machine, elle-même confinée dans une plus grande cage de verre afin que les conditions de température et d’humidité demeurent adéquates.

Pourquoi a-t-il une telle qualité sonore ?

Selon Paul Tafforeau, un des responsables de l’analyse et violoniste amateur, « le premier objectif, c’est la conservation. Si jamais certains défauts nécessitent une réparation, on aura tous les détails pour les corriger ». « Le deuxième aspect, c’est que ça reste un instrument exceptionnel pour ses qualités sonores et avec ces données, on espère mieux comprendre pourquoi il a une telle qualité sonore », a ajouté le scientifique.

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Les résultats du scanner du violon mettront des mois à être analysés en détail mais, quels qu’ils soient, Alberto Giordano, conservateur à Gênes du précieux instrument, rappelle qu’il est crucial de faire preuve « d’extrême prudence, voire d’abstinence » avec le violon afin de garantir qu’il soit transmis « sans altération aux générations futures ».

Philippe Gault (avec AFP)

 

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