Chef à 13 ans : Qui est Arijus Šereckis, la nouvelle pépite finlandaise de la direction d’orchestre ?

crédit : Steirer Máté

Il n’a que 13 ans et dirige déjà de nombreux orchestres dans toute l’Europe. Arijus Šereckis est un pur produit de l’école finlandaise de direction d’orchestre qui a fait éclore depuis 50 ans une longue liste de jeunes maestros à la tête des plus grandes formations.

Esa-Pekka Salonen, Mikko Franck, Sakari Oramo, Jukka-Pekka Saraste, Hannu Lintu, Osmo Vänskä, Susanna Mälkki, Klaus Mäkelä, Tarmo Peltokoski… La liste des chefs d’orchestre finlandais surdoués formés par Jorma Panula, qui enseigne la direction d’orchestre depuis 1973 en Finlande et au sein de la célèbre Académie Sibelius d’Helsinki, n’en finit pas de s’allonger. La dernière pépite révélée par l’éminent professeur n’a que 13 ans et semble déjà promis à un bel avenir.

Si jeune, Arijus Šereckis a déjà dirigé de grands orchestres à travers l’Europe notamment au Danemark, en Hongrie et chez lui en Finlande. Des performances face à 60 ou 70 musiciens qui ne l’impressionnent pas plus que ça. « C’est vrai que les musiciens sont adultes et je n’ai que treize ans. Je dois donc toujours prouver que j’ai raison, mais en général les musiciens me comprennent et veulent m’aider », a-t-il déclaré avec candeur et assurance malgré son jeune âge, dans un entretien accordé à Yle, la radio publique finlandaise.

Arijus Šereckis rêve de diriger le Philharmonique de Berlin

Fils d’un trompettiste et d’une professeure de saxophone d’origine lituanienne et finlandaise, le jeune garçon a commencé par étudier le piano au conservatoire de Kuopio, sa ville natale avant d’y suivre des cours de direction d’orchestre avec un chef d’orchestre local puis, à distance, ceux du renommé professeur Jorma Panula. Et c’est à l’automne 2024 qu’il commence à s’illustrer après avoir atteint la finale du concours Minikapu organisé à Vaasa.

La ville portuaire de l’ouest finlandais où Arijus Šereckis est revenu cette année au début du mois de mars pour diriger l’ensemble Wasa Sinfonietta lors d’un concert consacré à des œuvres de Jean Sibelius et Ludwig van Beethoven, que le jeune maestro dit avoir étudiées « presque » quotidiennement pendant les deux mois précédant la représentation.

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Il n’est pourtant pas si loin le temps où le jeune Arijus Šereckis se demandait « qui est ce type au milieu, qui bouge les mains de différentes manières, comme si ce n’était pas nécessaire ? ». 

Désormais son plus grand rêve serait de diriger l’Orchestre Philharmonique de Berlin.

 

Le long chemin vers cette consécration, qu’on lui souhaite, passera l’an prochain par le Danemark où il a été invité à diriger l’Orchestre symphonique d’Odense. « Cette invitation est une grande surprise, elle est arrivée complètement de nulle part ! Ça m’a touché en plein cœur », a-t-il confié à Yle.

Philippe Gault

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