Depuis le 15 mars, la vidéo du violoncelliste libanais Mahdi el-Sahili jouant quelques airs classiques sur les ruines d’un quartier du sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien bombardé par les forces armées israéliennes, est devenue virale sur les réseaux sociaux.
Un musicien jouant au milieu de ruines d’immeubles de la banlieue sud de Beyrouth ravagés par des bombardements. L’image n’est pas sans rappeler celle du pianiste Gaby Bou Rached prises au même endroit en août dernier et plus lointaine encore, en 2012, celle du professeur de piano syrien Ayham Ahmad jouant dans un appartement dévasté de Yarmouk près de Damas.
Ce 15 mars, c’est au cœur du quartier de Haret Hreik, l’un des bastions du Hezbollah du sud de la capitale libanaise durement touchés par les bombardements de l’armée israélienne depuis le début du mois, que le violoncelliste Mahdi el-Sahili a été filmé en train de jouer des extraits d’airs d’Antonín Dvořák et d’Aram Khatchatourian ainsi que le thème de La liste de Schindler, composé par John Williams.
Mahdi el-Sahili : « il suffit de tendre l’oreille et de donner libre cours à ses émotions ».
Le quotidien libanais L’Orient-Le-Jour, raconte que la séquence, réalisée au petit jour lors d’une brève accalmie dans les bombardements qui ont déjà fait des milliers de morts au sud-Liban, a été filmée par le photographe libanais Adnan Hajj Ali et n’a duré que quelques minutes. « J’ai pris un risque, mais je ne suis resté qu’un quart d’heure. Juste le temps de jouer deux ou trois morceaux, de me filmer et de repartir », explique Mahdi el-Sahili dans le commentaire qui accompagne la vidéo publiée sur son compte Instagram et reprise par de nombreux médias internationaux.
Le jeune musicien de trente ans n’habite pourtant pas dans ce quartier mais y est profondément attaché. « Je suis chiite et la banlieue sud est chère à mon cœur, c’est le fief de ma communauté « , confie-t-il, ajoutant : « Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je joue au même endroit, je l’ai déjà fait lors de la précédente guerre ».
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Mahdi el-Sahili, qui travaille dans l’informatique, a été formé au Conservatoire national libanais et consacre encore la moitié de son temps à la musique, entre concerts et enseignement de son instrument. Il admire Jean-Sébastien Bach, estimant que c’est « le compositeur qui a fait émerger le violoncelle avec ses suites ». le jeune musicien cite également Antonio Vivaldi et Antonín Dvořák parmi ses références.
À travers son initiative, Mahdi el-Sahili, tient à faire savoir que « si tout le monde n’est pas au courant de ce qui se passe au Liban, la musique, elle, permet d’informer. Nul besoin de s’y connaître il suffit de tendre l’oreille et de donner libre cours à ses émotions ».
Philippe Gault
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