Pour rajeunir et diversifier son public, le Met Opera de New York propose un opéra en espagnol

C’est une première depuis 1926. Le Metropolitan Opera de New York propose à partir de ce jeudi une œuvre en espagnol, dans une ville où un tiers de la population est d’origine hispanique et latino-américaine.

Florencia en el Amazonas, conte opératique qui raconte l’histoire d’une diva sud-américaine en quête de l’homme aimé, un chasseur de papillons porté disparu dans la jungle amazonienne, est le premier opéra en espagnol présenté par le Met Opera depuis 1926 quand avait été joué La Vida breve de Manuel de Falla, 10 ans après que l’Opéra new-yorkais eut produit Goyescas du compositeur espagnol Enrique Granados, en 1916.

Composée par le Mexicain Daniel Catan, l’œuvre, bien que contemporaine, est de facture classique. Selon Mary Zimmerman, la metteuse en scène « C’est mélodique, cela sonne comme du Puccini ». Le livret, écrit par Marcela Fuentes-Berai, s’inspire du chef d’œuvre L’Amour aux temps du choléra du prix Nobel de littérature (1982) colombien Gabriel Garcia Marquez. Elle fut montée pour la première fois en 1996 au Grand Opera de Houston (Texas), quatrième mégapole des Etats-Unis où l’espagnol est roi.

Chacun sent la chaleur de l’Amérique latine

Sur la scène du Lincoln Center, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, les artistes hispaniques et latino-américains seront bien représentés, à l’image d’un tiers des 8,5 millions d’habitants de la mégapole new-yorkaise.

Ainsi la soprano américaine d’origine mexicaine Ailyn Perez interprète le rôle-titre aux côtés, notamment, de la mezzo-soprano espagnole Nancy Fabiola Herrera et du ténor guatémaltèque Mario Chang tandis qu’on doit les décors et le plateau à Riccardo Hernandez, né à Cuba et qui a grandi à Buenos Aires.

« Chacun sent la chaleur de l’Amérique latine », se félicite la soprano Gabriella Reyes qui incarne Rosalba une rivale de Florencia. « Chanter en espagnol avec des Latino-américains vient de mon âme et c’est bien différent que quand je chante en italien », ajoute l’artiste, fille d’immigrés du Nicaragua,

Un précédent opéra sur Malcolm X

Le choix de mettre l’œuvre de Danel Catan à l’affiche s’inscrit dans un contexte d’ouverture du Met Opera à un public plus jeune et plus divers comme ce fut déjà le cas en septembre, avec l’opéra Dead Man Walking, d’après le livre best-seller éponyme et le film oscarisé et, en novembre, avec les représentations de X : The Life and Times of Malcolm X, la vie de l’icône noire du mouvement des droits civiques assassinée en 1965 revisitée par le Met Opera dans une reprise au style afrofuturiste.

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Pour le directeur du Met Opera Peter Gelb, ces opéras contemporains « ont toute leur place aux côtés des chefs d’œuvre des siècles passés car ils ont des choses profondes et urgentes à nous dire sur le monde dans lequel on vit ».

Philippe Gault (avec AFP)

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