Du 11 au 30 juin, en clôture de sa saison, l’Opéra national du Rhin (OnR) propose une version de Norma revisitée au regard des souvenirs de Maria Callas. Karine Deshayes y fera ses débuts scéniques dans le rôle-titre de l’œuvre phare de Bellini. La mezzo-soprano s’est confiée à l’AFP.
Dans la version de Norma que va présenter jusqu’au 30 juin l’Opéra national du Rhin à Strasbourg (du 11 au 20) et Mulhouse (les 28 et 30), la metteuse en scène Marie-Eve Signeyrole convoque les souvenirs de Maria Callas qui a immortalisé ce rôle mythique et transpose l’action au XXe siècle, dans un théâtre en résistance, en pleine occupation. Cantatrice adulée, Norma se plonge dans les souvenirs d’une autre idole elle aussi trahie, Maria Callas, qu’Aristote Onassis délaissa pour Jackie Kennedy.
Des extraits des correspondances de la diva soulignent d’ailleurs le parallèle entre l’histoire personnelle de la cantatrice grecque et celle de Norma, rôle qu’elle a rendu populaire. Pour incarner cette Norma/Callas, l’OnR a fait appel à Karine Deshayes, qui fait ses débuts scéniques dans le rôle-titre de l’héroïne du chef d’œuvre de Vincenzo Bellini, créé en 1831. Rôle qu’elle avait déjà chanté sur scène mais en version concert en juillet 2022 au festival d’Aix-en-Provence.
Interpréter Norma « C’est un énorme défi mais c’est un énorme cadeau aussi »
Maria Callas, « c’est un exemple pour nous, elle fait partie des grandes figures qui ont marqué le rôle », a confié à l’AFP Karine Deshayes qui avait déjà endossé le rôle d’un autre personnage de l’œuvre, Adalgisa. « Là, voilà, je franchis le cap, je passe à celui de Norma, qui est quand même pour nous le rôle des rôles. Le rôle est vraiment intense. On passe par toute une palette de sentiments et c’est ça qui est génial à jouer ».
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Mais Norma est aussi réputé comme l’un des plus exigeants du répertoire, prenant et particulièrement long, avec 45 minutes de chant à l’acte 1 et 45 minutes de chant à l’acte 2. « La voix est très sollicitée, et dans le grave, et dans l’aigu. Cela demande vraiment des exigences techniques, des choses qu’on doit maîtriser pour, après, se mettre vraiment au service du personnage et du rôle » explique la mezzo-soprano, ajoutant : « C’est un énorme défi mais c’est un énorme cadeau aussi ».
Sur les scènes de l’Opéra de Strasbourg puis de la Filature de Mulhouse, Karine Deshayes sera entourée de Benedetta Torre (Adalgisa), Norman Reinhardt (Pollione) et Önay Köse (Oroveso), placés sous la direction du chef italien Andrea Sanguineti à la tête de l’Orchestre symphonique de Mulhouse.
Philippe Gault (avec AFP)
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