Faust de Charles Gounod, monument du répertoire lyrique français, sera joué dans sa version originelle, avec les dialogues parlés, à l’Opéra de Lille lors de huit représentation en mai, dont une sur grand écran. Une nouvelle production présentée par l’opéra lillois comme une première depuis sa création en 1859 à l’Opéra-Comique de Paris.
Portée par le metteur en scène Denis Podalydès et le chef d’orchestre Louis Langrée, qui dirigera l’orchestre national de Lille, ce Faust de Charles Gounod, dans sa version originelle, sera retransmis gratuitement en direct sur grand écran le 15 mai, sur la place du Théâtre à Lille, ainsi que dans plusieurs lieux de la région Hauts-de-France, tels que le musée du Louvre-Lens et le parc du château de Morbecque.
Dans cette production, programmée du 5 au 22 mai, Denis Podalydès se débarrasse « du monumental et du grandiose, déjà assumés par la partition. Les maîtres mots de sa mise en scène sont la simplicité et la fluidité », décrit Caroline Sonrier, directrice de l’Opéra de Lille.
Denis Podalydès : « Ces grandes œuvres résonnent toujours »
La version parlée, avec Vannina Santoni dans le rôle de Marguerite et Julien Dran en Faust, « donne une force à la musique très différente », a-t-elle souligné mercredi lors d’une conférence de presse. « Le chant prend une autre dimension ». Avec cette approche, « nous sommes dans une histoire qui se passe autant dans le texte que dans la musique », ajoute la directrice, qui quittera l’opéra à l’issue de cette dernière œuvre, après 23 ans à la tête de l’Opéra de Lille.
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Grâce aux dialogues parlés, le spectateur traverse des émotions différentes. « Un air n’inspire pas forcément la même chose qu’une scène parlée », souligne le metteur en scène, Denis Podalydès, qui avait déjà mis en scène Falstaff à Lille en 2023, « On va sentir l’épaisseur du silence, la qualité d’un départ de musique, les changements de registres vocaux », poursuit-il mercredi à l’Opéra de Lille. « Ces grandes œuvres résonnent toujours. Il n’y a aucun effort à faire pour les ajuster au temps présent », selon le metteur en scène.
Philippe Gault (avec AFP)
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