La religion au travail, marqueur d’un clivage entre les générations

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Le Point publiait en 2021 la synthèse d’une étude sur le fait religieux en entreprise par Haris Interactive réalisée pour l’institut supérieur du Travail et le Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Elle révèlait un clivage générationnel.

 

Chez la jeune génération règne une confusion sur les termes de laïcité, de liberté et de religion

A la question : êtes-vous favorable à l’aménagement d’espaces comme des salles de prières ? , plus les personnes qui répondent sont jeunes, plus elles y sont plutôt favorables ou plutôt très favorables. Les jeunes actifs sont plutôt conciliants avec les signes extérieurs de foi au travail, mais il y a une autre tendance. Moins ces signes sont visibles plus ils sont tolérés. Logique. 74 % des répondants à l’enquête estiment comme acceptable qu’un collègue pratique le jeûne religieux sur son lieu de travail. Ils ne sont plus que 29 % quand il s’agit d’accepter dans l’open space ou l’usine des signes visibles, comme le port d’une kippa ou d’un voile. Autre résultat édifiant de l’enquête : 77 % des représentants du personnel affirment avoir été témoins de faits religieux dans l’entreprise et 66 % des salariés se déclarent préoccupé par ces manifestations de foi.

 

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Mais là encore, plus les employés sont jeunes, plus ils ont tendance à tolérer l’expression religieuse sur le lieu de travail. Ce basculement, écrit Le Point, s’inscrit dans la dynamique de ce que l’on observe depuis plusieurs années en mesurant l’opinion sur des thèmes comme la perception du racisme, le multiculturalisme ou le droit au blasphème, principalement chez les jeunes. Le monde de l’entreprise n’échappe pas au phénomène de wokisation des jeunes générations, explique le sondeur Jean-Daniel Lévy qui observe chez la jeune génération une confusion sur les termes de laïcité, de liberté et de religion. Tout s’entremêle avec une volonté très prononcée au sein de la jeunesse, dit-il, de ne pas apparaître comme raciste. Au nom de cette volonté, on refuse de fustiger ceux qui affirment haut et fort leur religion. La boucle et bouclée. Si nous ne parvenons pas à enseigner les fondements de la laïcité à l’école, eh bien nous en assumerons les conséquences sur le lieu de travail.

David Abiker

 

 

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