L’Académie française s’alarme de l’invasion du franglais

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Un combat est relaté dans la presse. Il s’agit de celui de l’Académie française contre le « franglais ».

Amin Maalouf, Dominique Bona et Danièle Sallenave membres d’une commission pour lutter contre le franglais

Dans Le Malade imaginaire de Molière, le public se gausse de Monsieur Diafoirus, ce médecin précieux et ridicule qui abuse des formules latines auxquelles le peuple ne comprend rien. Aujourd’hui, annonce Le Figaro, les nouveaux Diafoirus ne parlent plus latin mais « franglais ». Ces Diafoirus travaillent dans des mairies, des universités, des musées, des sites institutionnels ou des entreprises de statuts public ou privé. Jugez plutôt : Air France inflige à ses clients sa « skyteam », la Poste propose une « pickup station » et la Fnac ses « french days ». « Shocking ! » écrit Alice Develey du Figaro, d’autant que les jeux de mots sont souvent vaseux, sinon incompréhensibles. «Alors, ready to Ouigo ? » demande ainsi la SNCF.

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L’Académie française a donc constitué, il y a deux ans, une commission de 9 membres parmi lesquels figurent les auteurs Amin Maalouf, Dominique Bona ou Danièle Sallenave. Leur rapport d’une trentaine de pages est publié aujourd’hui et relève une envahissante anglicisation. Elle aurait pour conséquence une fracture générationnelle doublée d’une fracture sociale. Pour Hélène Carrère d’Encausse, la secrétaire perpétuel de l’Académie française, c’est une fracture entre une frange des élites représentant la « start-up nation » et le reste de la société. Les gens, dit-elle, ne comprennent pas les messages qu’on leur impose ni pourquoi ce sabir se substitue au français. Elle espère une prise de conscience collective avant que les choses ne deviennent irréversibles. Mais la législation est impuissante face au phénomène. Les sanctions prévues par la loi Toubon sont peu appliquées explique Le Figaro. Une centaine de procès-verbaux sont dressés chaque année et on compte à peine une trentaine de condamnations.

Marc Teddé 

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