Covid-19 : Les espoirs déçus du molnupiravir, la pilule du laboratoire Merck

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Le molnupiravir serait moins efficace contre le coronavirus que prévu. Cet antiviral, développé par le laboratoire Merck empêcherait à 30 % de développer une forme grave, contre 50% annoncé durant les premiers essais cliniques.

Molnupiravir : « on cherche à éviter que cet effet mutagène passe chez le patient, provoquant des risques de cancer »

Mis en avant par le ministre de la Santé Olivier Véran comme un arsenal supplémentaire pour désengorger les hôpitaux, avant même son autorisation de mise sur le marché par l’Agence Européenne du Médicament, ce médicament ne sera pas le traitement miracle tant attendu. Cet antiviral agit en diminuant la capacité du virus à se répliquer freinant ainsi la maladie. Sous forme de comprimés il faut le prendre dès les premiers symptômes, car plus les heures passent et plus son efficacité diminue. Le virologue Bruno Canard du CNRS explique que le problème de ces virus est qu’ils « apparaissent et disparaissent très rapidement et créent des problèmes chez les patients ». Il préconise de prendre le médicament dès qu’on sait qu’on est cas-contact.

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Par ailleurs le molnupiravir est très peu dosé, ce qui explique aussi son plus faible pourcentage d’efficacité, car les chercheurs ignorent pour l’instant les effets secondaires a long terme. Pour Bruno Canard c’est en fait son mécanisme d’action qui inquiète, il force le coronavirus a muter pour qu’il s’autodétruise : « on cherche à éviter que cet effet mutagène passe chez le patient, provoquant des risques de cancer ». Le virologue insiste sur le fait que ce médicament est fait pour « sauver des vies » quand le patient va mal. Ce médicament n’est pas destiné à un large public. 50 000 doses ont été commandés par la France, c’est très peu : cela correspond en fait au nombre de patients qui n’ont pas de système immunitaire : les greffés, les séropositifs ou les personnes très âgés. La décision sur une possible autorisation devrait intervenir dans les prochaines semaines. Le Royaume Uni l’a déjà validé pour les personnes souffrant de comorbidités.

Rémi Pfister

Ecoutez le reportage de Rémi Pfister : 

 

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