Présidentielle 2022 : La difficile cohabitation entre vie démocratique et reprise épidémique 

Rama/ Wikimedia Commons

Si Emmanuel Macron a refusé de confiner les Français, la campagne présidentielle, elle, ne semble pas bénéficier du même régime. 

La situation de l’hôpital public est peut-être le vrai sujet révélé par cette pandémie

Depuis l’apparition de la cinquième vague, et l’explosion du variant Omicron, le Covid occupe de nouveau toute la bande passante politique et médiatique. On se prononce pour ou contre les mesures édictées par le gouvernement, on se dit favorable ou opposé au pass vaccinal, on juge l’exécutif ici trop laxiste, là trop ferme… 

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On ne parle plus des sujets sur lesquels le pays sera amené à se prononcer en avril prochain. La situation de l’hôpital public qui est peut-être le vrai sujet révélé par cette pandémie et qu’il s’agirait de prendre à bras le corps. Mais aussi le pouvoir d’achat, qui demeure la première des préoccupations des Français. Enfin, les questions relatives à la sécurité et à l’immigration, trop longtemps mises sous le tapis par les partis de gouvernement sont devenues aujourd’hui le quasi-monopole des extrêmes.  

Cette campagne présidentielle ne ressemblera à aucune autre

Emmanuel Macron a assuré que « les échéances démocratiques seraient maintenues ». Autrement dit que l’élection présidentielle de 2022 ne serait pas reportée. En revanche, il n’a évidemment rien promis concernant le débat public. Lequel semble comme congelé avec quelques rares parenthèses. Il y a eu la percée d’Éric Zemmour à la rentrée de septembre, la remontée de Marine Le Pen au mois de novembre, la victoire de Valérie Pécresse début décembre, puis plus rien. Alors bien sûr, il y a des chances pour que la politique reprenne ses droits dès le mois de janvier, mais cette campagne ne ressemblera à aucune autre. Elle sera numérique plus que physique, virtuelle plus que réelle. Le risque est d’aggraver encore davantage la fracture entre le peuple et ses représentants. 

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A ce stade, seul le Conseil constitutionnel a fait office de garant. C’est grâce à lui que les meetings politiques ont par exemple été épargnés par les jauges qui ont été ré-instaurées. Mais cela ne suffira pas. Une commission doit voir le jour début 2022 en associant la majorité et l’opposition aux réflexions. Gérald Darmanin doit quant à lui, rencontrer Laurent Fabius en janvier pour évoquer l’organisation du scrutin. Avec déjà une première piste qui semble relever de l’évidence mais que l’exécutif s’est jusqu’ici toujours refusé à étudier : une simplification des modalités de vote. Peut-être qu’à défaut de restaurer un lien de confiance, cela participerait au moins à restaurer la participation. Ce serait déjà un bon début.

Arthur Berdah

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