Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre Métropolitain de Montréal enregistrent un cycle Beethoven

Le chef d’orchestre canadien, Yannick Nézet-Séguin, à la tête de l’Orchestre Métropolitain de Montréal, enregistre à huis-clos depuis la mi-juin les 8 premières symphonies de Beethoven qui seront diffusées sur la plateforme payante de Deutsche Grammophon à partir du 31 juillet.

 

En cette année Beethoven, Deutsche Grammophon a proposé de diffuser ces concerts sur son site 

Lorsque Yannick-Nézet Séguin et l’Orchestre Métropolitain sont entrés en résidence d’été et ont commencé le 15 juin à jouer et enregistrer en vidéo dans la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal un cycle des symphonies de Beethoven, le projet initial était, avant tout, de remettre les musiciens au travail, sans aucun autre débouché que des vidéos qui devaient être mises en ligne sur le site de l’orchestre.

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À ceux qui ne voyaient pas l’intérêt de cette entreprise, le directeur musical de l’orchestre répondait « Il faut le faire, on verra après », confiant au journal canadien Le Devoir « Il y a toujours eu dans la musique classique cette lutte entre le besoin de planification et cette envie de jouer la musique qui nous inspire dans le moment ». Une patience et un instinct récompensés puisque la prestigieuse maison de disque Deutsche Grammophon, qui a lancé sa plateforme payante de streaming « DG Stage » le 24 juin dernier, a décidé de diffuser ces enregistrements dans le cadre d’une série de concerts virtuels intitulée « L’été de Beethoven » à partir du 31 juillet, à raison de 2 symphonies chaque vendredi.

Distanciation sociale : « Nous n’avions jamais joué ainsi », reconnaît la violoniste Yukari Cousineau 

Les conditions d’enregistrement et de captation de ces 8 premières symphonies de Beethoven ont été réalisées dans des conditions particulières pour l’orchestre canadien. Des mesures de distanciation entre les musiciens habituées à jouer très près les uns des autres et surtout une salle de concert déserte (les sièges ont même été démontés pour laisser place à des membres de l’orchestre) et donc une acoustique inédite à laquelle la formation et son chef ont dû s’adapter.

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La violoniste solo Yukari Cousineau, interrogée par Le Devoir reconnait que « On n’a jamais joué ainsi. Nous n’entendons pas de la même façon, mais c’est à nous de voir ce que nous pouvons y gagner et même ce qui peut nous profiter lorsque nous jouerons de nouveau dans des conditions normales », tandis que Christopher Best, premier violoncelle, soulignait que si « L’acoustique réverbérante ne nous facilite pas la tâche, ça rendra le son plus beau encore. L’exercice change la dynamique entre collègues, car il augmente la responsabilité individuelle ».

 

Yannick Nézet-Séguin a envie d’intégrer la 9symphonie dans ce cycle Beethoven

Une question reste en suspens :  Quid de la Symphonie n° 9 ? Faut-il l’intégrer à ce cycle ou la préserver pour les retrouvailles du Métropolitain de Montréal avec son public ? Yannick Nézet-Séguin a sa petite idée : « Avec la tournure que vient de prendre le projet et étant donné que le milieu du chant est encore plus affecté que celui des instruments, avec beaucoup plus de fausses informations qui circulent sur les dangers du chant, ce serait important pour moi de montrer qu’il y a moyen dans un contexte de distanciation de réaliser des projets vocaux. On étudie donc la question ».

 

Philippe Gault

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