Une professeure de musique recense plus de 500 compositrices sur une carte interactive

Sakira Ventura, jeune professeure de musique espagnole, a eu la bonne idée de mettre en ligne une carte interactive qui recense et localise dans le monde entier déjà plus de 500 compositrices. Son objectif : faire découvrir des musiciennes souvent méconnues, peu jouées et parfois même totalement oubliées.

Une vingtaine de compositrices localisées en France

Vous avez certainement entendu parler de Nadia et Lili Boulanger, les deux sœurs grandes compositrices françaises de la fin du 19siècle ou Mélanie Bonis, mais connaissez-vous Elsa Barraine, Claire Delbos, Mademoiselle Baumesnil, Claude Arrieu, Cécile Chaminade ou Louise Farrenc ? Ce sont pourtant quelques-unes de la vingtaine de compositrices françaises localisée en France qu’a recensée Sakira Ventura parmi plus de 530 de leurs consœurs que la professeure de musique espagnole de 28 ans a identifiées sur la planispère interactive mise en ligne sur son site svmusicology.com.

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Un panel qui va de Kassia, une religieuse byzantine née en 810 dont les créations sont encore chantées dans les églises orthodoxes, à Alma Deutscher une jeune Anglaise de 16 ans qui a composé sa 1ère sonate pour piano à l’âge de… 6 ans ! Au total 530 compositrices souvent méconnues que Sakira Ventura souhaite faire découvrir au grand public.

Certaines compositrices publiaient leurs œuvres sous des pseudonymes masculins

Dans Le Guardian, Sakira Ventura, qui enseigne à Valence, explique qu’elle voulait mettre en lumière toutes ces compositrices, pour la plupart ignorées parce qu’on a longtemps considéré que la musique ne pouvait-être qu’un passe-temps pour les femmes, pas une vocation et encore moins une profession. Une majorité d’entre elles, comme ce fut le cas pour la sœur de Mozart, Maria-Anna dite Nannerl, ont vu leur carrière s’arrêter au nom de convenances morales, d’autres se sont réfugiées dans des couvents pour pouvoir étudier la musique quand certaines publiaient leurs œuvres sous des pseudonymes masculins. « On tenait pour acquis qu’une œuvre composée par une femme ne serait pas de la même qualité que celle composée par un homme » explique Sakira Ventura.

 

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L’initiatrice du projet raconte que lorsqu’elle a commencé ce recensement elle n’était pas capable de citer plus de 5 noms de compositrices. Un an plus tard son site en propose déjà 530 avec, pour chacune, une fiche biographique et des liens pour écouter certaines de leurs œuvres. Elle estime qu’il y a encore une liste d’au moins 500 noms à rajouter à ce catalogue. « Je veux que mes élèves sachent que Mozart et Beethoven ont existé mais aussi qu’il y a eu toutes ces femmes compositrices » conclut-elle.

Philippe Gault

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