Toulouse : Un machiniste condamné pour un sabotage ayant failli coûter la vie au ténor Robert Dean Smith

©theatreudcapitole.fr

En janvier 2015, sur la scène du Capitole de Toulouse lors d’une représentation de Tristan et Iseult, le ténor américain Robert Dean Smith avait failli être écrasé par un rocher factice à la suite d’une mauvaise manipulation qui s’est révélée intentionnelle. Le machiniste suspecté du sabotage a été jugé le jeudi 9 septembre et condamné à une peine de prison avec sursis et au remboursement de frais de justice.

Robert Dean Smith avait joué le rôle de Tristan en 2014 à l’Opéra Bastille

À l’époque, en janvier 2015, « L’affaire du rocher » avait défrayé la chronique à Toulouse. Ce soir-là, le Théâtre du Capitole propose la première Tristan et Iseult, l’opéra de Richard Wagner. À la fin du dernière acte Tristan, interprété par Robert Dean Smith, habitué au rôle qu’il avait joué l’année précédente à l’Opéra Bastille sous la direction de Philippe Jordan, gît à terre après avoir rendu son dernier soupir. Un énorme rocher factice de plus de 200 kilos descend alors sur son corps pour symboliser une pierre tombale.

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Théoriquement, cet élément de décor, manipulé par une machinerie commandée par ordinateur, doit stopper sa chute à 80 cm du corps du chanteur. Mais ce soir-là, le ténor américain, s’aperçoit que cette masse de carton-pâte ne s’arrête pas et il a juste le temps de rouler à terre pour ne pas se retrouver écrasé par le rocher. Un final dramatique, inédit qui avait d’abord fait sourire le public avant qu’il ne réserve une ovation au ténor.

Selon le prestataire technique, seule une intervention humaine a pu provoquer la défaillance de la machinerie

Si l’incident qui aurait pu se transformer en drame est digne d’une intrigue hitchcockienne, l’enquête qui s’en est suivie est digne d’un roman de Simenon. Une enquête qui a duré plus de 3 ans et s’est soldée, en juillet 2018, par la mise en examen d’un ancien machiniste du Capitole accusé, comme le relate La Dépêche du Midi, d’avoir « entravé ou faussé le fonctionnement d’un système de traitement automatisé des données » et « frauduleusement modifié des données dans un système de traitement automatisé ». Deux délits passibles d’un maximum de 5 ans de prison et 150 000 euros d’amende. Ce technicien, de 36 ans à l’époque, était en conflit avec certains de ses anciens collègues et notamment avec celui qui était responsable de la machinerie des cintres le fameux soir de janvier 2015 avec lequel, selon Le Parisien, il avait eu une altercation.

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La société australienne responsable du dispositif technique incriminé a estimé que seule une intervention humaine avait pu provoquer la défaillance en question. La programmation informatique de la descente du rocher aurait bien été modifiée volontairement, la veille de la représentation. Or le suspect était le seul technicien capable d’une telle manipulation présent en coulisse à ce moment-là. L’homme a toujours nié les faits qui lui sont reprochés et ses avocats ont plaidé sa relaxe mais, en 1ère instance, le Tribunal correctionnel de Toulouse l’a condamné jeudi dernier à 8 mois de prison avec sursis, 1 euro symbolique pour la mairie et 1500 euros pour les frais de justice.

Philippe Gault

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