Tempête Alex : comment expliquer ces pluies exceptionnelles dans les Alpes-Maritimes ?

Des intempéries meurtrières ont frappé l’arrière-pays niçois vendredi. Un déluge et des crues hors normes ont tout emporté sur leur passage. Ces ravages sont liés à des précipitations exceptionnelles.

 

500 mm de pluie en 24 heures

L’arrière-pays niçois a connu des précipitations exceptionnelles et c’est un scénario tristement banal pour cette région. C’est ce qu’explique Vazqen Andréassian, hydrologue à INRAE : « Le bassin versant de la Vésubie monte jusqu’à 3000 mètres et ce sont ces montagnes qui ont arrêté les masses d’air. La tempête Alex, assez exceptionnelle, a été bloquée par la montagne, ce qui a entraîné des pluies torrentielles concentrées à un même endroit. Ce phénomène a donné lieu à la catastrophe que tout le monde a vue. »

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Ce phénomène correspond à un épisode cévenol, c’est-à-dire que des masses d’air sont bloquées par les montagnes. Les précipitations qui sont tombées dans cette région étaient exceptionnelles : 500 mm en 24 heures. A titre de comparaison, il tombe par exemple 600 à 700 mm sur une année à Paris. Dans ce cas, c’est arrivé dans une région encaissée, dans un amphithéâtre naturel. « Le bassin versant, c’est à dire la zone qui alimente la rivière Vésubie monte jusqu’à un petit peu plus de 3000 mètres donc vous avez des pentes très importantes. On n’est pas dans une rivière de plaine qui monte lentement. On est dans une rivière torrentielle et les vitesses de montée des eaux sont très importantes. » explique Vazqen Andréassian.

Renforcement et rehaussement des maisons : des solutions à appliquer au plus vite

La rapide montée des eaux a surpris les habitants, malgré le système d’alerte qui a bien fonctionné selon Vazqen Andréassian. Le département des Alpes-Maritimes était d’ailleurs en vigilance rouge depuis le début de la journée. Alors comment éviter ce genre de catastrophes ? Des solutions techniques existent, notamment sur les constructions : rehausser les maisons, les renforcer. Mais il faut aussi développer la culture du risque en France. Il faut également revoir l’environnement et la typologie des constructions de ces villages.

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C’est ce qu’explique Boris Weliachew, architecte, spécialiste en risques majeurs à Saint-Martin-Vésubie, dans ce village encaissé de la vallée, le plus touché par les intempéries : « Ce qu’il faut, c’est stabiliser ces berges-là, éviter qu’elle puisse être érodée par l’eau, éloigner les constructions vulnérables du bord de l’eau. Il faut parfois creuser le lit de la rivière pour lui permettre d’avoir plus de profondeur mais c’est complexe et à regarder au cas par cas. On ne résoudra pas ça en 10 ans ni en 20 ans mais peut-être en 50 ans. Il faut donc s’y mettre tout de suite ».

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